Archive pour le mot-clef ‘critique’

Tété et Puggy : retours gagnants

Dimanche 28 avril 2013

Parmi les nouveaux albums de 2013, il y en a quatre que j’attendais avec impatience. Clarika a été la première à réussir son retour avec son sixième album La tournure des choses (lire mon article). Zazie, quant à elle, ne m’a pas emporté avec son Cyclo. Mais Tété et Puggy signent eux deux excellents albums, faits de chansons courtes et efficaces qui donnent vraiment la pêche !

Nu Là-Bas - TétéNu là-bas, nous promet Tété. Tout est dit : dans son nouvel album, Tété se met à nu pour nous faire voyager dans son histoire personnelle et musicale. Il évoque plus directement que jamais son statut de « sénégaulois » (Ritournelle) et ce père absent qui l’a laissé seul face au dilemme : « la Champagne ou le bled ». S’il évoque sa mère avec mélancolie (Comment te dire) c’est de nouveau avec joie et malice qu’il présente dans A l’ancienne sa grand-mère créole et son grand-père anglophone. Car, sa double culture, Tété l’a résolue en chanson : entre le Bayou et Molière (A cour ou jardin), il n’a plus à choisir.

Tété ne cache pas non plus son amour des rythmes d’autrefois qui apportent « le frisson de naguère » (La bande son de ta vie). La pochette rétro nous rappelle que, bien avant l’oncle Ben, Tété avait déjà exploré la soul des sixties. A présent, il s’y plonge à fond grâce à des mélodies très accrocheuses, un son direct et quelques violons pour la couleur. Et même si la fin de l’album nous ramène « à l’échelle de notre salon » (Tes cheveux) ou, encore plus étrange, au bureau (Cadeau), Nu là-bas nous fait voyager et prouve qu’après cinq albums Tété sait se renouveler et progresser encore. Chapeau !

To Win The World - PuggyTo win the world : c’est ce que Puggy est en train de faire. Leur deuxième album, Something you might like, avait été une révélation, notamment pour moi : j’avais adoré (lire mon article). Leur dernier album est à nouveau un formidable manifeste pop. Mais, à la première écoute, j’ai été très surpris de leur changement de son : alors que l’acoustique (piano, guitare) était la signature de Puggy, c’est désormais le synthétique qui domine, ce qui est moins à mon goût. On pense à nouveau à Mika par moments mais aussi à Foster the people, bref à un son moins original.

Pourtant, je reste totalement fan. Les 11 titres du nouveau Puggy sont d’une efficacité absolue et après 30 écoutes, je n’ai toujours pas envie d’écouter autre chose. Le meilleur de l’album est pour moi dans les explosifs To win the world, Give us what we want et Goes like this enchaînés aux hymnes Last day on earth et Move on conclus par le minimaliste I’m happy. Sur fond de solitude numérique, Puggy évoque avec talent la déshumanisation de la musique, les arrivistes et les doutes qui accompagnent la réussite : « Soon they’ll make a soul out of numbers » redoutent-ils dans Move on. Brillant !

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2013, sorties d’albums : quatre titres pour l’instant dans ma playlist Deezer
20 ans de Zazie : le clip, car Cyclo contient aussi de bonnes chansons
Tablatures Puggy : les relevés d’accord sur abc-tabs dont certains réalisés par mes soins

Les choses tournent bien pour Clarika

Dimanche 3 février 2013

Il y a des artistes qui parlent de nous et du monde, Clarika en fait partie. Elle vient de sortir son sixième album, vingt ans après le premier. Elle surprend encore et séduit toujours.

La tournure des chosesLa tournure des choses, qui ouvre l’album et lui donne son titre, nous plonge immédiatement dans un nouveau son : plus direct, plus rock, plus brut. Classe. L’équipe s’est en effet resserrée autour des trois complices de longue date : Xavier Tribolet (claviers et batterie), Philippe Desbois (guitares et basse) et Jean-Jacques Nyssen (programmation et composition).

Juste après, Oualou est la première très bonne surprise de l’album. La composition, énergique, est signée Claire Joseph et Skye qui oeuvrent aussi dans les choeurs de l’album. Clarika joue malicieusement avec les sonorités des mots et pose le thème qui sous-tend l’album : « A l’échelle du grand tout, on est que dalle, on est des clous, on est oualou. » Une vraie chanson dans l’air du temps mais avec toute la distance que sait y mettre Clarika : en criant qu’on est que dalle, on se sent mieux ! Excellent.

Avec Sumangali, Clarika enfonce le clou. Sur une musique hyper efficace de Florent Marchet, Clarika évoque cette forme de travail forcé en Inde dans l’industrie textile. Elle réussit un nouveau portrait féminin formidable qu’elle couple avec une chanson engagée toute en ironie mordante (comme elle l’avait fait dans Bien mérité). Une grande réussite ! J’veux des lettres, composée par Ben Ricour, nous surprend par son côté  totalement acoustique après trois titres électriques enlevés. Mais le charme de la nostalgie opère.

Je suis bad marque un retour à la nouveauté. L’ambiance musicale est très réussie, avec un groove de piano imparable. Le texte est énorme : évoquant la dépression avec une recherche de vocabulaire exceptionnelle, il est paradoxalement jouissif grâce à des formules du type : « Je suis comme Kate Moss après un rail de Blédina. » Et même si, à l’inverse, est totalement plombée par sa musique ultra-déprimante avec violoncelle intégré. Fais-moi mâle, rate aussi plutôt sa cible : on attendait mieux d’une Clarika qui s’imagine en homme. Elle n’est pas aidée par une musique trop paresseuse et sentimentale.

C’était mieux avant nous ramène au plus haut niveau. Le mixage est totalement inattendu : l’équipe a bien fait d’apporter l’album à New York pour le confier à Mark Plati. Les guitares rock vaguement rétro déchirent et le texte est juste mythique. A part la chute, un peu convenue, je pourrais vous citer la totalité de cette énumération faussement nostalgique évoquant pêle-mêle la condition des femmes, les téléphones avec fil, les fenêtres dans les trains ou les gangsters qui avaient la classe. Mais le passage sur les enfants vous donnera un aperçu du reste : « Ca filait juste, ça filait droit, sinon une beigne et dans l’placard ». Enorme !

La fin de l’album est plus en demi-teinte. Mais non mon chat aurait pu devenir l’autre chanson émouvante de Clarika sur ses filles mais la mélodie manque trop de relief. Robbie contient de savoureux messages téléphoniques en anglais à l’ex-chanteur des Take That. Mais le texte pourrait être un manifeste de la chanteuse : « Je t’apprendrai la vie normale, la vie ordinaire ». Dommage que la chanson, à l’exception des choeurs aériens de la fin, semble tout droit tirée de l’album Joker de 2005. Mâcon évoque la vie terne d’un représentant de commerce. L’ambiance est Satie : « C’est beau, c’est lent, c’est douloureux ». Mais un peu trop chargée à mon goût. Tout est sous contrôle conclut l’album sur une drôle d’ambiance musicale entre sonorités asiatiques et rythmique africaine. Cette vie ordinaire si monotone est bien dans la couleur de cet album qui lui, pourtant, n’est pas si ordinaire. Et qui va nous donner de grands moments sur scène, à commencer par les 27 et 28 février au Café de la Danse à Paris !

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La tournure des choses en écoute sur Deezer
AtHome : le nouveau label de Clarika, 100% indépendant
Clarika sur facebook. Bon anniversaire Claire !
Clarika.fr : l’incontournable site non-officiel
Le forum non-officiel est en train de renaître. Venez nous rejoindre !

Laurent Barat à Nice : demi-vietnamien mais humoriste entier

Samedi 2 février 2013

Hier soir, j’étais au Théâtre Francis Gag à Nice pour un one man show : Laurent Barat a presque grandi. Comme j’étais invité par la production, je ne me suis pas fait prier. Révélé par Noëlle Perna, alias Mado, puis ayant fait un tour sur On ne demande qu’à en rire, Laurent Barat est un comique niçois que je découvrais. Et la soirée fut sympathique.

Laurent BaratPourtant le spectacle commençait mal. Imaginant son futur mariage, Barat commence par essayer de nous faire chanter du Patrick Sébastien en nous faisant tourner des serviettes. Heureusement, il arrête rapidement car les serviettes n’ont pas été distribuées. Vraie ou fausse interruption ? L’effet est malin en tout cas. Malheureusement, après la distribution, on a droit à nouveau à la chanson de Sébastien. C’est un peu long. Comme son débit. Il m’a fallu plus de la moitié du spectacle pour m’enlever l’impression que Barat s’installait trop. Comme dirait mon prof de théâtre, il prend « des temps de sociétaires ». Pourtant, il se donne physiquement et l’efficacité est là car la salle était pleine et riait de bon coeur.

Laurent Barat nous parle de sa vie : celle d’un célibataire de 34 ans. Effectivement, la sexualité et les rapports homme-femme sont au coeur du spectacle. Les clichés habituels ont leur place (cf les débuts) mais Barat aborde aussi d’autres thèmes comme la maturité et son corollaire : faire du sport pour maigrir ;)  Il évoque aussi ses parents divorcés : son père vietnamien et sa mère pied-noir. J’aurais même aimé qu’il développe plus le comique d’un tel contraste !

La forme est variée aussi. Il fait du stand-up la plupart du temps, utilise bien les voix-off mais incarne aussi des personnages : la langue de vipère au bureau (façon Jérôme Commandeur) et le papy qui appelle le hotline de « Fric ». L’interaction avec le public est aussi très présente. Même s’il n’a pas toujours la répartie cinglante d’un Lezghad (voir ci-dessous), Barat aime interpeller les spectateurs. Hier soir, c’est Corentin, 9 ans et demi qui lui a permis de désamorcer (ou de souligner) ses passages les plus chauds. Et pour renforcer cette proximité, il termine son spectacle en courant hors de la salle et nous attend à la sortie pour nous serrer la main. Sympathique, amusant : Laurent Barat nous donne envie de continuer à le voir grandir.

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Laurent Barat : son site avec, en vidéo, son passage sur France 3 dans Ma ville en rire.
Lamine Lezghad : mon premier spectacle d’humour de l’année. Le 19 janvier, à la Comédie de Nice, je voyais Lezghad  pour la troisième fois. En deux ans, son spectacle, Impeccable, a bien évolué. Toujours basé sur le thème du métissage, il se termine par le premier mariage gay, thème on ne peut plus d’actualité. Entre histoires à tiroir, personnages déjantés,  digressions et interactions brillantes avec le public, Lezghad nous embarque à cent à l’heure dans un spectacle hilarant !
Théâtre Francis Gag : ce théâtre municipal niçois propose aussi bien de l’humour que du théâtre, des conférences ou des concerts. La salle et la scène sont très belles : j’ai découvert et j’ai aimé.

Fête du cinéma 2012 : mon classement

Mardi 3 juillet 2012

Cette année, ma Fête du cinéma était belle : elle a été fournie (j’ai vu 18 films sur les 4 jours!), variée et d’un bon niveau. Pour une fois, j’ai vu une grosse majorité de comédies. Comme à l’habitude, voici mes impressions. Je commence par les films que j’ai le plus aimés.

Starbuck de Ken Scott avec Patrick Huard, Julie Le Breton
Mon coup de cœur ! Ce film québécois (et donc sous-titré quand les expressions sont typiques) tient du miracle. C’est une sorte de conte de fées réaliste où chaque scène m’a fait éclater de rire, pleurer ou, le plus souvent, les deux. La finesse et la profondeur des acteurs et de l’histoire sont juste exceptionnelles. Courez-y!

Dark shadows (VO) de Tim Burton avec Johnny Depp, Michelle Pfeiffer
Le dernier Tim Burton est un petit bijou d’humour à l’anglaise. L’accent que prend Johnny Depp est un vrai régal et son arrivée au milieu des années 70 un grand moment! Loin du bricolage, pourtant sympathique, de ses débuts, Tim Burton nous offre cette fois des effets visuels somptueux. Une réussite.

Plan de table de Christelle Raynal avec Elsa Zylberstein, Audrey Lamy
Une très bonne comédie qui vaut pour son originalité et la qualité de ses comédiens. Elsa Zylberstein, en particulier, y est très très drôle. Et quand, en plus, on est un grand romantique comme moi, on ne peut que marcher.

De rouille et d’os de Jacques Audiard avec Marion Cotillard, Matthias Schoenaerts
Un film prenant à chaque scène qui vaut autant par la beauté de ses plans que par l’intensité de ses personnages. J’ai particulièrement été touché par celui du boxeur qui est un être rare dans un film. Un moment unique.

Le prénom d’Alexandre de La Patellière, Matthieu Delaporte avec Patrick Bruel, Valérie Benguigui
Voici une très bonne comédie de règlement de comptes familial avec des comédiens très justes et une très belle écriture. L’histoire arrive étonnamment à se renouveler jusqu’au bout. Seule fausse note : le côté artificiel de la voix off de Bruel à la fin et au début.

Men in Black III (VF – 3D) de Barry Sonnenfeld avec Will Smith, Tommy Lee Jones
Le film commence sans surprendre par rapport aux précédents et j’ai regretté que l’atmosphère de la fin des années 60 n’ait pas vraiment été rendue. Mais la réalisation est totalement maîtrisée et on se rend compte à la fin qu’on a passé un très beau moment.

Adieu Berthe ou l’enterrement de mémé de Bruno Podalydès avec Valérie Lemercier, Denis Podalydès
Les frères Podalydès, comme on dit, signent une comédie très décalée, à l’humour noir qui fait mouche mais sans méchanceté. C’est au contraire de la tendresse et de la poésie qui se dégagent du film à l’image de la fin, juste belle.

The Raid (VF) de Gareth Evans avec Iko Uwais, Yayan Ruhian
Un film d’action sans temps mort à la bande son impressionnante. A mi-chemin entre le film de morts-vivants et le film policier, les (trop?) nombreux combats (d’arts martiaux?) en plus. Très bien réalisé. Très efficace.

Madagascar 3 (VF – 3D) de Eric Darnell, Tom McGrath, Conrad Vernon avec les voix de José Garcia, Anthony Kavanagh
Un divertissement sans prétention mais bien réalisé et finalement assez touchant. Le rythme est enlevé, les décors et l’animation sont superbes. En cliquant ici, devinez quel personnage du premier volet je vous offre en photos.

Prometheus (VF – 3D) de Ridley Scott avec Michael Fassbender, Charlize Theron
Un film d’atmosphère, très tendu, dont l’histoire semble a posteriori très mince. Pourtant, je n’ai pas décroché un instant. Il ne faut peut-être pas se poser trop de questions (en particulier sur la première scène) mais je suis déjà prêt pour la suite.

Les Pirates ! Bons à rien, mauvais en tout (VF) de Peter Lord avec la voix d’Edouard Baer
Grand fan de Wallace et Gromit, je ne pouvais rater ces pirates-là. Toute la première partie est formidablement inventive, bourrée de clins d’oeil et de subtilités. Dommage que l’histoire finisse par traîner en longueur. Mais la voix d’Edouard Baer est déjà un régal.

Un bonheur n’arrive jamais seul de James Huth avec Sophie Marceau, Gad Elmaleh
Y allant pour combler un trou entre deux films, je me suis retrouvé dans une salle immense quasi-remplie qui riait à gorge déployée à la moindre chute de Sophie Marceau ou la moindre grimace de Gad Elmaleh face aux enfants. Pourtant, je suis rentré dans le film grâce à quelques répliques bien senties et surtout à la musique : la bande originale très sympa et les morceaux joués au piano par le héros. Un bon moment finalement.

Blanche-neige et le chasseur (VF) de Rupert Sanders avec Kristen Stewart, Chris Hemsworth
Avec des effets spéciaux très réussis, une histoire qui se tient et un ton très personnel face au mythe de Blanche-Neige, le film aurait dû m’emporter. Etais-je trop près de l’écran ? Ai-je trop regretté de ne pas avoir essayé les nouveaux sièges dynamiques ? En tout cas, je suis resté sur le côté.

L’âge de glace 4 : La dérive des continents (VF – 3D) de Steve Martino, Mike Thurmeier avec les voix Gérard Lanvin, Vincent cassel
Après le troisième volet qui était exceptionnel, l’âge de glace redevient assez plan-plan. Les personnages principaux ne sont plus spécialement attachants, l’action est beaucoup moins spectaculaire et les gags moins souvent drôles. Seule le rôle de la grand-mère est très réussi et le final vaut le coup.

Cloclo de Florent Emilio Siri avec Jérémie Renier, Benoît Magimel
Je m’attendais à beaucoup mieux. La reconstitution est soignée mais beaucoup trop linéaire et appliquée. Le seul vrai moment d’émotion réside dans une scène où Claude se voit avec son père décédé. Quant aux moments de créations musicales, ils sonnent souvent faux. On est très très loin du Gainsbourg de Joann Sfar.

La clinique de l’amour ! de Artus de Penguern avec Bruno Salomone, Héléna Noguerra
Je ne sais pourquoi mais je suis un très grand fan d’Artus de Penguern. Cette parodie des Feux de l’amour façon urgence m’a certes fait sourire, mais j’ai eu le malheur de la voir juste après le bouleversant Starbuck et je n’ai pas réussi à me faire au caractère artificiel de cet humour complètement décalé.

7 jours à la Havane (VO) de Benicio Del Toro avec Josh Hutcherson, Vladimir Cruz
7 réalisateurs pour 7 courts-métrages : si le film démarre bien avec El Yuma de Benicio Del Toro, il culmine déjà sur Jam Session de Pablo Trapero avec Emir Kusturica et ses belles séquences de musique. La tentacion de Cecilia  de Julio Medem annonce avec réussite d’autres séquences à venir mais le rythme en prend un sacré coup pendant Diary of a beginner d’Elia Suleiman puis Ritual de Gaspar Noe. Le film ne s’en remet pas.

Moonrise Kingdom (VO) de Wes Anderson avec Bruce Willis, Edward Norton
Certes les images sont léchées, le ton est subtilement décalé et les détails soignés. Mais le rythme est lent, l’histoire parfois ennuyeuse et je crois que je ne me suis attaché à aucun des personnages. Par contre, le générique de fin décomposant la musique de Desplat est un must!

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La Fête du Cinéma, le site officiel
Les fêtes du cinéma 201120102009200820072006 et 2005 : mes chroniques des années précédentes
Le Mercury, place Garibaldi à Nice, a été mon principal cinéma dimanche et lundi
L’Olympia et Les Arcades ont été mes deux cinémas mardi à Cannes
Le Pathé Lingostière à Nice m’a permis de voir 6 films sur la seule journée de mercredi

Retour sur 2011 : mon Top 5 Concerts

Jeudi 1 mars 2012

Après mon Top Albums, mon Top Chansons et mon Top Films, jetons un dernier regard sur l’année passée avec un classement des meilleurs concerts auxquels j’ai assistés en 2011. Une sélection publiée en janvier sur Zik’n'blog et que je vous commente enfin.

1. Lenny Kravitz – Black And White France – Zénith de Lille
Le dernier album était excellent (lire la chronique), le concert fut à la hauteur. Dans un décor des plus impressionnants avec trois écrans et larges projections, Lenny avait réuni un groupe plus complet que jamais. Sa section de trois cuivres a été parfaite pour fêter, sans le dire, les 20 ans de l’album Mama Said (4 titres dont le mythique Fields of Joy débuté à la flûte). Merci! Mais j’ai eu mon plus grand moment d’émotion lors des projections de ses photos d’enfance sur Black And White America (voir le clip). Lenny est toujours aussi proche de son public et à Lille, face à un public déchaîné, il a pris le temps de le savourer, quitte faire moins de chansons en rappel. Mais avec deux heures de funk-rock déchaîné et de ballades à pleurer, Lenny nous a à nouveau prouvé qu’il était le meilleur sur scène.

2. Jean-Louis Aubert – Roc Eclair Tour – Palais Nikaia, Nice
Depuis la séparation de Téléphone, j’avais plutôt suivi la trace de Bertignac, surtout sur scène. Mais je ne pouvais rater Aubert après l’avoir vu dans l’excellent DVD de sa tournée acoustique Un tour sur moi-même puis mettre le feu avec Un autre Monde lors du concert des Enfoirés 2010 à Nice. Une inquiétude restait sur sa voix mais, en débutant le concert par Je reviens, Aubert s’offre comme une renaissance. Pendant deux heures et demie, il a tout donné, accompagné par un groupe excellent. Démontrant son infinie générosité, il est allé jusqu’à quatre rappels pour être sûr de nous livrer tous ses tubes, même de la période Téléphone, jusqu’au sublime Voilà, c’est fini, qu’on attendait plus. Heureusement qu’il vient d’obtenir la Victoire de la Musique de la meilleure tournée : c’est la moindre des choses.

3. Alexis HK, Benoît Dorémus et Renan Luce – Seuls à trois – Salle Molière, Lyon
C’est dans un très joli petit théâtre de Lyon qu’on a vu se concrétiser la meilleure idée de concert de l’année : trois potes sur scène, chacun avec sa guitare, partageant et échangeant leur répertoire. Le plus connu, c’est Renan Luce, plus humble que jamais et qui n’a pas rechigné pas à nous chanter ses tubes. Ce fut moins le moins cas pour Alexis HK mais je suis tellement  fan de son écriture et de son personnage scénique  à l’humour froid. Quant au troisième, Benoît Dorémus, ce fut la révélation avec un beau moment d’émotion sur Deux pieds dedans (écouter). Du coup, j’ai acheté ses deux albums pour continuer à profiter de son joli grain de voix et de son écriture narquoise. Dans la bonne humeur, les trois compères nous ont offert des solos, des duos et des trios acoustiques très bien arrangés dont des reprises et plusieurs titres inédits pour une très belle soirée.

4. Nice Jazz Festival 2011
Le dernier Nice Jazz festival était une réussite : il m’était difficile de choisir parmi la quinzaine de concerts que j’y ai vus. Si on laisse de côté les concerts les plus jazz (lire ma chronique de la première soirée sur Zik’n'blog), j’ai surtout apprécié les musiques métissées d’Asa et de Carlinhos Brown (lire les chroniques et l’interview), l’électro de Nojazz (lire la chronique et l’interview) et de Morcheeba (la chronique et l’interview), la soul de Macy Gray et de Seal (lire les chroniques) et la funk d’Aloe Blacc et de mon chouchou Keziah Jones (lire les chroniques). Je ne pourrai pas y être l’été prochain mais je vous conseille de guetter la programmation qui sera dévoilée dans un mois.

5. Zazie – Za7ie en tournée – Palais Acropolis, Nice
Après avoir sorti un album de 7 fois 7 titres (ou presque : lire la chronique), les sélectionner pour la scène était déjà un premier challenge. Il fut à moitié réussi, plusieurs titres trop lents ayant pu être évités. Heureusement le duo avec Philippe Paradis était parfait. Un autre challenge était de sélectionner parmi les tubes des précédents albums! Le choix n’était pas complet mais très acceptable. Autre problème, annoncé par Zazie elle-même : le son n’était pas au top à cause de problèmes techniques lors des balances de l’après-midi. Et le concert est tout de même dans mon Top Concerts? Oui car en étant tout devant, on n’a pu que se laisser emporter par la joie et l’énergie dont Zazie continue à rayonner sur scène. Et c’est irremplaçable.

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La Grande Sophie le 19 mai à Monaco, Maurane le 1er juin à Monaco, Johnny le 16 juin au Stade de France et Alanis Morissette le 3 juillet à Lyon : mes principaux concerts à venir en 2012
Les Victoires de la Musique : les lauréats
A Nice en 2009, au Zénith de Paris en 2008 et à Bercy en 2004 : mes trois précédents concerts de Lenny. Il est à nouveau en tournée en France au printemps : n’hésitez pas!
Lenny Kravitz Online : le concert du 24 octobre 2011 à Lille en détail sur le forum français consacré à Lenny
Raphael Saadiq a assuré une très bonne première partie de Lenny à Lille. Il se donne vraiment sur scène, les musiciens sont excellents, ça groove. Mais comme sur disque,  ses chansons n’arrivent pas à se graver dans ma mémoire.
Alexis HK à Monaco : un bonheur éternel : ma chronique de 2009 sur la tournée des Affranchis pour laquelle Alexis HK était nommé cette année comme Artiste révélation scène
La setlist de Keziah Jones le 12 juillet au Nice Jazz Festival : à lire sur mon blog

Retour sur 2011 : Mon Top 5 Films

Lundi 27 février 2012

Pour faire suite à la remise des César et des Oscars ce week-end, je reviens sur mon propre Top 5 des films que j’ai vus en 2011, classement publié  en janvier sur Zik’n'blog. Voici mes commentaires.

1. Les aventures de Tintin – Le secret de la Licorne de Steven Spielberg avec Jamie Bell, Andy Serkis, Daniel Craig
Adapter Tintin au cinéma était risqué mais j’ai marché dès le générique, truffé de clins d’œil et rythmé par la musique jazzy de John Williams. Les premières séquences sont magiques et notamment celles vues au niveau de Milou. Elles sont la signature d’un très grand réalisateur. J’ai complètement adhéré à l’idée d’insérer au récit initial la rencontre entre Tintin et Haddock, bien que tirée du Crabe aux pinces d’or : c’est le moyen de redonner naissance au mythe. J’ai moins adhéré au final : le combat des grues, digne de Transformers n’est pas dans l’esprit d’Hergé et la résolution de l’énigme est totalement dévoyée. Mais vivement la suite!

2. The Artist de Michel Hazanavicius avec Jean Dujardin et Bérénice Bejo
J’avais choisi d’aller voir cette petite merveille le jour de mon anniversaire. Beau cadeau : la magie est là et Hollywood aussi, les acteurs français en plus. Seul bémol, un passage un peu long voire répétitif pendant la dépression de l’acteur. Mais la réalisation est parfaite, les trouvailles nombreuses et les acteurs excellents. Jean a reçu mille éloges mérités et heureusement, Bérénice vient de recevoir un César. Chapeau!

3. Les femmes du 6e étage de Philippe Le Guay avec Fabrice Luchini, Sandrine Kiberlain
Une comédie sociale et sentimentale pleine de subtilité, qui n’a pas eu, selon moi, assez de succès. Mais elle n’a pas été oubliée par les Césars qui ont récompensé Carmen Maura pour son (second) rôle en tant que tante Concepcion. De manière générale, tous les acteurs (adultes) sont formidables.

4. Kung Fu Panda 2 de Jennifer Yuh avec les voix de Manu Payet, Pierre Arditi
Après des réussites telles que les derniers volets de L’âge de glace ou de Toy Story, je n’attendais pas grand chose de cette histoire de panda. Pourtant, j’ai été bluffé tant par la réalisation (digne d’un grand film) que par le dynamisme de l’histoire et des dialogues. Très belle surprise.

5. Limitless (VF) de Neil Burger avec Bradley Cooper, Robert De Niro
Encore un film basé sur l’idée (fausse) qu’on n’utilise que 10% de son cerveau. Mais en choisissant d’en faire un thriller stylisé et efficace, le réalisateur fait passer la pilule. Et plus que ça, il nous emporte!

Evidemment, en ne citant que 5 films, j’en laisse de côté. Par exemple, l’étonnant Drive, très désespéré, dans lequel Ryan Gosling livre une prestation époustouflante. Et Intouchables, me direz-vous? Je ne l’ai vu qu’il y a 15 jours. J’ai trouvé tous les éloges absolument justifiés : Omar Sy porte le film de bout en bout et mérite vraiment son César. Et Polisse, me direz-vous? Eh bien, je ne l’ai toujours pas vu!

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Top 5 des sorties musicales de 2011 – Zik’n’blog : j’avais choisi de faire un classement films dans le cadre de mon Top libre
Fête du cinéma 2011 : mon classement : 12 films dans lesquels vous retrouverez les 3 derniers de mon Top 5 2011 mais aussi Beginners pour lequel Christopher Plummer vient d’obtenir à juste titre l’Oscar du meilleur second rôle masculin, Le chat du Rabbin, César du meilleur film d’animation et Une séparation, César et Oscar du meilleur film étranger.
César 2012 : le palmarès
Oscars 2012 : le palmarès complet sur France Soir
Tintin et Le Secret de la Licorne en Blu-Ray 3D : sur un écran télé, et sans l’effet de surprise, le film m’a moins retourné qu’au cinéma. Reste une image superbe et le moment d’anthologie où la Licorne s’incarne en plein désert. Avec les bonus, on comprend bien comment le procédé de Motion Capture permet de créer un monde à la fois réaliste et onirique. Tous les films de Tintin avec de « vrais acteurs » avaient été décevants et la série animée, très fidèle,  était trop sage. Avec la Motion Capture, les personnages de BD prennent vie sous nos yeux et la créativité paraît sans limite.
Tintin et le Secret de la Licorne pour PS3 : juste après le film, le jeu est très décevant. Les graphismes sont rudimentaires, surtout les visages, très laids. La 3D n’apporte de la profondeur que dans quelques scènes. La jouabilité (avec une manette) n’est pas optimale et les séquences de jeu sont très répétitives. Mais le plus étonnant est que le jeu, sensé être tiré du film, développe sa propre histoire, découpée comme le film mais parfois plus proche de la BD (les frères Loiseau par exemple y sont présents). Par contre, on n’y voit pas boire du tout le Capitaine Haddock alors que le film est en ça beaucoup plus fidèle à Hergé.

Fête du cinéma 2011 : mon classement

Lundi 4 juillet 2011

Comme chaque année, voici quelques impressions rapides sur les « seulement » douze films que j’ai vus lors de la Fête du cinéma. Si aucun ne m’a marqué comme les chefs-d’œuvre d’autres années, j’ai suivi au final une sélection homogène et de bon niveau. Entre des histoires de père bègue, dépressif, malade du cancer ou d’Alzheimer, chaque film possède sa part de lumière. Je commence par mes préférés.

Les femmes du 6e étage de Philippe Le Guay avec Fabrice Luchini, Sandrine Kiberlain
Mon coup de cœur de la semaine. A part quelques moments un peu surjoués (surtout par les fils), le film a trouvé le ton juste en évitant le piège des bons sentiments. Mention particulière au casting et aux costumes : un vrai régal!

Kung Fu Panda 2 (VF – 3D) de Jennifer Yuh avec les voix de Manu Payet, Pierre Arditi
Très bonne surprise pour moi qui n’avait pas vu le premier volet et qui n’était pas tenté par celui-ci. Tout est réussi, des personnages à la réalisation (magnifique en 3D), de l’histoire aux dialogues, le tout sur un rythme très enlevé qui laisse pourtant la place à l’émotion. Topissime!

Limitless (VF) de Neil Burger avec Bradley Cooper, Robert De Niro
Un thriller très réussi à tout point de vue mais qui souffre d’une approche un peu caricaturale du fonctionnement cérébral. Les effets visuels sont parfois répétitifs mais bien maîtrisés. Un bon moment.

X-Men Le commencement (VF) de Matthew Vaughn avec James McAvoy, Michael Fassbender
J’étais fâché avec les X-men depuis le troisième volet (L’affrontement final) que je trouvais indigne des précédents. Cet épisode-là m’a réconcilié avec eux. A nouveau, j’ai trouvé que le dosage était réussi entre la psychologie des personnages (parfois sommaire il est vrai), les effets spéciaux et les scènes d’action. Mais les nouveaux personnages m’ont semblé plus fades que les classiques.

Pourquoi tu pleures ? de Katia Lewkowicz avec Benjamin Biolay, Emmanuelle Devos
Une très belle surprise. Un film au ton très particulier avec ses faux airs de drame et ses vrais morceaux de comédie grâce à des dialogues très bien écrits, des personnages hauts en couleurs (mention spéciale à la mère jouée par Nicole Garcia) et une grande originalité (j’adore les petits noms du frère et de la sœur!)

Le complexe du castor (VO) de Jodie Foster avec Mel Gibson, Jodie Foster
Un film très étonnant qui fonctionne à l’inverse du précédent : c’est en effet la comédie qui laisse subtilement la place au drame. Les comédiens sont tous très bons mais le jeu de Mel Gibson est particulièrement impressionnant.

Le chat du Rabbin (3D) de Joann Sfar, Antoine Delesvaux avec les voix de François Morel, Maurice Bénichou
J’ai découvert ce chat que je n’avais jamais lu en BD et j’ai trouvé la transposition graphique très réussie. J’ai beaucoup aimé le côté spirituel de ce chat libre d’esprit, j’ai été moins séduit par le côté « aventures ». Mais entendre la voix de François Morel est toujours un tel bonheur!

Beginners (VO) de Mike Mills avec Ewan McGregor, Mélanie Laurent
A nouveau une vraie fausse comédie avec des comédiens plus que sympathiques. Le découpage entre les deux histoires est une très bonne idée et plein d’idées graphiques. C’est évidemment le personnage du père qui est le plus réjouissant et le plus original puisqu’il commence à vivre son homosexualité à 70 ans! Mieux vaut tard que jamais ;)

Tomboy de Céline Sciamma avec Zoé Héran, Malonn Lévana
L’exemple-type du « film français » à l’image brute et sans musique. Néanmoins, on ne s’ennuie pas tant la petite qui joue le rôle principal (bien suivie par le reste de la distribution) est d’une justesse confondante dans une situation particulièrement intéressante puisqu’elle se fait passer pour un garçon. On aimerait presque une suite.

Le discours d’un roi (VO) de Tom Hooper avec Colin Firth, Helena Bonham Carter
Un film parfaitement réussi mais malheureusement sans surprise. J’en avais tellement entendu parler que j’avais presque l’impression de l’avoir déjà vu. Dommage. C’est finalement l’histoire du frère qui m’a le plus intéressé.

Une séparation (VO) de Asghar Farhadi avec Leila Hatami, Peyman Moadi
Loin d’être « haletant » comme le dit l’affiche, ce film iranien est pourtant de plus en plus prenant au fur et à mesure que l’histoire se met en place. Les acteurs sont tous plus vrais que nature. Du coup, après avoir eu l’impression de suivre un documentaire, on ressort avec le sentiment d’avoir suivi un thriller.

Transformers 3 – La face cachée de la Lune (VF – 3D) de Michael Bay avec Shia LaBeouf, Rosie Huntington-Whiteley
J’étais parti pour voir un film argentin mais la copie n’était pas arrivée au cinéma! Je me suis donc rabattu sur le seul film de Nice diffusé à la même heure. Malheureusement, je n’ai eu aucune empathie pour le personnage principal, une sorte de Titoff qui aime les grandes blondes et les grosses voitures ni pour les héros mécaniques présentés trop rapidement pour moi qui n’avait pas vu les deux premiers épisodes. En plus, le film est très long et l’histoire traîne en longueur. J’avoue donc avoir un peu sommeillé. En jetant un coup d’œil dans la salle à la fin, j’ai eu l’explication : ce genre de film ne doit plus être de mon âge.

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Les fêtes du cinéma 2010, 2009, 2008, 2007, 2006 et 2005 : mes chroniques des années précédentes
Le Mercury, place Garibaldi à Nice :  retrouvez la programmation en ligne pour éviter les erreurs de Nice-Matin

Inception : mes impressions à chaud

Samedi 14 août 2010

J’ai vu hier en V.O. le fameux Inception de Christopher Nolan avec entre autres Leonardo DiCaprio et Marion Cotillard. En général, j’aime beaucoup les films aux constructions complexes (voire cérébrales) mais cohérentes et là, j’ai été servi! J’avais adoré Memento du même réalisateur mais j’étais moins enthousiaste pour ses deux Batman (j’avais préféré les versions de Tim Burton). Pour Inception, j’ai adoré la réalisation qui comporte notamment quelques moments d’exception (la transformation de Paris, l’hôtel qui tourne). L’histoire est vraiment bien menée et pour moi sans longueur (peu avant la fin, je croyais vraiment que le film allait encore durer une demi-heure). La tension est constante et procure son lot de sensations fortes jusqu’à la toute fin où le stress est à son comble.

Mais à force de lire que l’histoire était à tiroirs ou encore qu’il fallait voir le film plusieurs fois, j’ai plutôt été surpris de trouver la narration assez linéaire. Drôle d’impression que de me demander si c’était parce que j’étais trop intelligent ou au contraire trop con et que je ratais les subtilités attendues. Globalement, d’ailleurs, j’ai trouvé que le film ne jouait pas trop sur l’effet de surprise et que les mystères étaient vite levés voire éventés. D’ailleurs, à trois ou quatre reprises, j’ai compris ce qui allait se passer un peu voire assez en avance. Enfin, en juin, j’avais adoré Shutter Island avec le même DiCaprio et la comparaison, inévitable, se fait au détriment d’Inception. Le film de Martin Scorsese possède une puissance émotionnelle particulièrement forte tout au long du film, ce qui n’est pas le cas pour Inception. Sans doute son plus grand manque. Est-ce à dire que je n’ai pas aimé? Au contraire : j’ai passé un excellent moment et je conseille le film!

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Batman Begins, The Dark Knight et Shutter Island : mes trois chroniques
Les Arcades : le cinéma en V.O. de Cannes
Le Prisonnier : dans le troisième épisode de la série des années 60 (intitulé A, B & C) le numéro 6 était endormi artificiellement par une certaine drogue et son cerveau relié à une machine qui permettait de visualiser les rêves. La complice de numéro 2 intervenait alors dans son rêve pour essayer de lui extraire son secret. Ca vous rappelle quelque chose?

Fête du cinéma 2010 : mon classement

Jeudi 8 juillet 2010

Durant la dernière Fête du cinéma, j’ai vu seize films en six jours : je tiens bien ma moyenne ;) Voici comme à l’habitude mon classement personnel et hautement subjectif, en commençant par mes films préférés. Attention, il peut y avoir des surprises!

Shutter Island (VO) de Martin Scorsese avec Leonardo DiCaprio, Ben Kingsley
Un marshall américain arrive sur une île où sont détenus de dangereux malades mentaux. Un film magistral construit comme un polar qui évoquerait Vol au-dessus d’un nid de coucou ou 1984. Les interprètes sont parfaits (Di Caprio en tête), la réalisation époustouflante et l’histoire, prenante et dérangeante. Un chef d’oeuvre qui ne vous lâche pas.

Gainsbourg (vie héroïque) de Joann Sfar avec Eric Elmosnino, Lucy Gordon
La fable du dessinateur Sfar est au-delà de ce que j’en espérais : magique. J’ai tout aimé, en particulier ce choix de narration mêlant réalité et fantasmes qui nous rend le personnage de Gainsbourg particulièrement attachant. Et Laetitia Casta est réellement bluffante en Bardot. Seule la fin (par le choix des anecdotes) m’a paru plus convenue.

Dans ses yeux (VO) de Juan José Campanella avec Soledad Villamil, Ricardo Darin
Un mélange
parfaitement maîtrisé entre un thriller et une histoire d’amour. Le rythme est plutôt lent dans l’ensemble à part la scène dans le stade de Buenos Aires qui est proprement hallucinante. Mais ce film argentin a reçu cette année l’Oscar du meilleur film étranger et c’est mérité. Original et bouleversant.

L’agence tous risques (VF) de Joe Carnahan avec Liam Neeson, Bradley Cooper
Une excellente surprise pour moi. Je n’avais presque aucun souvenir de la série mais j’ai apprécié les scènes d’action énormes et le second degré constant qui permet de les assumer. Et Bradley Cooper est décidément très sexy.

L’arnacoeur de Pascal Chaumeil avec Vanessa Paradis, Romain Duris
Tout le monde l’a dit : une comédie romantique réussie où Romain Duris est particulièrement fait pour le rôle. Mais il faut dénoncer une chose : Paradis et Duris sont trop maigres! A part cela, j’ai apprécié que le film assume ses moments surréalistes, notamment ceux joués par la formidable Julie Ferrier. Après le Paris de Klapisch, ce film me confirme que je suis fan d’elle!

Robin des bois (VF) de Ridley Scott avec Russell Crowe, Cate Blanchett
Du grand spectacle comme on en réussit rarement. Mention particulière pour le travail sur la lumière : la photographie
est magnifique. Mais les personnages manquent un peu de chair pour que le film dépasse son esthétisme et devienne une très grande oeuvre.

The ghost-writer (VO) de Roman Polanski avec Ewan McGregor, Pierce Brosnan
Un thriller très tendu dont le titre pourrait se traduire en français par "Le nègre" (ou pas). L’histoire est très prenante mais la révélation finale m’a semblé en-deçà du reste.

Invictus (VO) de Clint Eastwood avec Morgan Freeman, Matt Damon
Cette fois, Clint Eastwood a choisi l’optimisme. D’ailleurs, l’histoire paraît trop belle pour être vraie. Hasard du calendrier, on ne peut s’empêcher à l’équipe française de foot cette année en Afrique du Sud qui a réussi l’exact opposé de l’équipe de rugby du film!

Les invités de mon père d’Anne Le Ny avec Fabrice Luchini, Karin Viard
Excellente comédie à la française. Les sujets de la famille et de l’immigration sont traités sans manichéisme, avec subtilité et humour. Les comédiens sont bons mais Michel Aumont est juste parfait.

Bébés de Thomas Balmès sur une idée d’Alain Chabat
Un petit bijou. Des magnifiques paysages de Namibie et de Mongolie aux villes des Etats-Unis et du Japon (fuyez les crèches japonaises!), ces bébés sont portés par une même soif de découverte et d’apprentissage, finement capturée par la caméra. Beau, drôle et émouvant : bravo les bébés!

Shrek 4, Il était une fin (VF – 3D) de Mike Mitchell avec les voix d’Alain Chabat, Med Hondo
Etonnant qu’une telle série
se termine sur un vrai film d’amour. Mais la technique est arrivée à un tel sommet et les personnages sont si attachants que j’ai failli oublier qu’ils n’étaient que dessinés. Snif!

Le caméléon (VO) de Jean-Paul Salomé avec Marc-André Grondin, Ellen Barkin
Le film ne dévoilera pas les motivations de son héros principal, spécialiste des usurpations d’identité.
Seule est creusée l’histoire de cette famille paumée au coeur de la Louisiane, magnifiquement interprétée. Mais le climat pesant particulièrement réussi semble cacher un mystère qui s’évapore à la fin, le secret familial étant éventé depuis longtemps.

Les petits ruisseaux de Pascal Rabaté avec Daniel Prévost, Philippe Nahon
Un film au démarrage très lent mais auquel on s’attache au fur et à mesure que l’histoire se développe. Original et très sensible. Amusant aussi à voir à Cannes parmi les petites vieilles qui font leurs commentaires tout haut, en particulier sur les peintures d’Edmond!

Millénium 2 – La Fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette (VO) de Daniel Alfredson avec Michael Nyqvist, Noomi Rapace
Après l’excellent premier volet, la nouvelle livraison déçoit beaucoup : histoire assez basique, ambiances brumeuses disparues, révélations redondantes. La fin du film ressemble presque à une caricature. Pourvu que le troisième remonte le niveau!

Tournée de Mathieu Amalric avec Mathieu Amalric, Miranda Colclasure
Je n’ai pas vraiment compris l’engouement autour de ce film. Les acteurs sont bons mais le rythme est lent et le ton hésite sans cesse entre la comédie et le tragique sans atteindre totalement ni l’un ni l’autre. Enfin, le personnage principal m’a paru trop peu sympathique pour que je le plaigne dans ses malheurs.

Copie conforme (VO) d’Abbas Kiarostami avec Juliette Binoche, William Shimell
Un flot continu de paroles qui m’a rapidement plongé dans un certain état de somnolence. Binoche déploie une énergie qui légitime son prix d’interprétation à Cannes. Mais je me demande encore le but de ces gesticulations. Pire, je me demande s’il y avait un but.

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La Fête du Cinéma, le site officiel
Les fêtes du cinéma 2009, 2008, 2007, 2006 et 2005 : mes chroniques des années précédentes
Le Mercury, place Garibaldi à Nice : grâce au Conseil Général, retrouvez en ligne la programmation de mon principal fournisseur (avec le Rialto) de films en VO. Pour éviter les erreurs de Nice-Matin.
Sex and the city 2 : vu avant la fête. L’idée de poursuivre malgré tout la saga en basant l’histoire sur le vieillissement des personnages aurait pu être intéressante. Encore aurait-il fallu une histoire car les problématiques sont abordées de façon trop légère (la scène du souk est même dérangeante). Malgré quelques passages réussis, et même en étant fan, je n’ai pas accroché.
Les Mondes Darwiniens : un livre présenté dans La Tête au Carré sur France Inter, examinant la théorie de Darwin que combattent les créationnistes. Car les créationnistes existent : je les ai rencontrés! Cinq minutes avant le début de Shutter Island, je dégustais ma glace place Garibaldi devant un sympathique concert où circulaient des tracts verts "En avant la musique". Sauf qu’entre deux chansons, un prêcheur évangélique est venu nous mettre en garde contre ceux qui veulent nous faire croire que nous sommes là par hasard. Je n’avais malheureusement pas le temps de lui expliquer qu’il n’avait rien compris à la théorie de l’évolution.

Feu vert pour Green Zone

Lundi 19 avril 2010

Les américains sont étonnants : sept ans après les événements d’Irak, ils en tirent déjà un film sous la forme d’un thriller accusateur. Green zone (la zone verte, quoi) est souvent comparé aux derniers volets de la trilogie Jason Bourne (… dans la peau) puisqu’il réunit l’acteur Matt Damon et le réalisateur Paul Greengrass. Effectivement, le film est terriblement efficace, très rythmé  mais on est plus saisi par l’effet de réalisme que par l’histoire elle-même.

Car on connaît le sujet, le mensonge sur les ADM, les armes de destructions massives en Irak. Or, je m’attendais à plus de complexité. Le film n’a l’air de faire porter la faute que sur le seul Pentagone, qui aurait dit au gouvernement ce qu’il voulait entendre. La responsabilité de la presse est évoquée mais on la présente comme manipulée. Enfin, la CIA est complètement dédouanée de même que, bien entendu, les soldats de terrain. Le film a sans doute été conçu comme un hommage aux soldats américains d’Irak dans une Amérique encore traumatisée. La réflexion sur la gestion de l’après-guerre est amorcée mais rien ne dit que les solutions proposées par le film auraient suffi. Sujet complexe mais très bon film.

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