Archive pour le mot-clef ‘critique’

Inception : mes impressions à chaud

Samedi 14 août 2010

J’ai vu hier en V.O. le fameux Inception de Christopher Nolan avec entre autres Leonardo DiCaprio et Marion Cotillard. En général, j’aime beaucoup les films aux constructions complexes (voire cérébrales) mais cohérentes et là, j’ai été servi! J’avais adoré Memento du même réalisateur mais j’étais moins enthousiaste pour ses deux Batman (j’avais préféré les versions de Tim Burton). Pour Inception, j’ai adoré la réalisation qui comporte notamment quelques moments d’exception (la transformation de Paris, l’hôtel qui tourne). L’histoire est vraiment bien menée et pour moi sans longueur (peu avant la fin, je croyais vraiment que le film allait encore durer une demi-heure). La tension est constante et procure son lot de sensations fortes jusqu’à la toute fin où le stress est à son comble.

Mais à force de lire que l’histoire était à tiroirs ou encore qu’il fallait voir le film plusieurs fois, j’ai plutôt été surpris de trouver la narration assez linéaire. Drôle d’impression que de me demander si c’était parce que j’étais trop intelligent ou au contraire trop con et que je ratais les subtilités attendues. Globalement, d’ailleurs, j’ai trouvé que le film ne jouait pas trop sur l’effet de surprise et que les mystères étaient vite levés voire éventés. D’ailleurs, à trois ou quatre reprises, j’ai compris ce qui allait se passer un peu voire assez en avance. Enfin, en juin, j’avais adoré Shutter Island avec le même DiCaprio et la comparaison, inévitable, se fait au détriment d’Inception. Le film de Martin Scorsese possède une puissance émotionnelle particulièrement forte tout au long du film, ce qui n’est pas le cas pour Inception. Sans doute son plus grand manque. Est-ce à dire que je n’ai pas aimé? Au contraire : j’ai passé un excellent moment et je conseille le film!

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Inception : la fiche AlloCiné
Batman Begins, The Dark Knight et Shutter Island : mes trois chroniques
Les Arcades : le cinéma en V.O. de Cannes
Le Prisonnier : dans le troisième épisode de la série des années 60 (intitulé A, B & C) le numéro 6 était endormi artificiellement par une certaine drogue et son cerveau relié à une machine qui permettait de visualiser les rêves. La complice de numéro 2 intervenait alors dans son rêve pour essayer de lui extraire son secret. Ca vous rappelle quelque chose?

Fête du cinéma 2010 : mon classement

Jeudi 8 juillet 2010

Durant la dernière Fête du cinéma, j’ai vu seize films en six jours : je tiens bien ma moyenne ;) Voici comme à l’habitude mon classement personnel et hautement subjectif, en commençant par mes films préférés. Attention, il peut y avoir des surprises!

Shutter Island (VO) de Martin Scorsese avec Leonardo DiCaprio, Ben Kingsley
Un marshall américain arrive sur une île où sont détenus de dangereux malades mentaux. Un film magistral construit comme un polar qui évoquerait Vol au-dessus d’un nid de coucou ou 1984. Les interprètes sont parfaits (Di Caprio en tête), la réalisation époustouflante et l’histoire, prenante et dérangeante. Un chef d’oeuvre qui ne vous lâche pas.

Gainsbourg (vie héroïque) de Joann Sfar avec Eric Elmosnino, Lucy Gordon
La fable du dessinateur Sfar est au-delà de ce que j’en espérais : magique. J’ai tout aimé, en particulier ce choix de narration mêlant réalité et fantasmes qui nous rend le personnage de Gainsbourg particulièrement attachant. Et Laetitia Casta est réellement bluffante en Bardot. Seule la fin (par le choix des anecdotes) m’a paru plus convenue.

Dans ses yeux (VO) de Juan José Campanella avec Soledad Villamil, Ricardo Darin
Un mélange
parfaitement maîtrisé entre un thriller et une histoire d’amour. Le rythme est plutôt lent dans l’ensemble à part la scène dans le stade de Buenos Aires qui est proprement hallucinante. Mais ce film argentin a reçu cette année l’Oscar du meilleur film étranger et c’est mérité. Original et bouleversant.

L’agence tous risques (VF) de Joe Carnahan avec Liam Neeson, Bradley Cooper
Une excellente surprise pour moi. Je n’avais presque aucun souvenir de la série mais j’ai apprécié les scènes d’action énormes et le second degré constant qui permet de les assumer. Et Bradley Cooper est décidément très sexy.

L’arnacoeur de Pascal Chaumeil avec Vanessa Paradis, Romain Duris
Tout le monde l’a dit : une comédie romantique réussie où Romain Duris est particulièrement fait pour le rôle. Mais il faut dénoncer une chose : Paradis et Duris sont trop maigres! A part cela, j’ai apprécié que le film assume ses moments surréalistes, notamment ceux joués par la formidable Julie Ferrier. Après le Paris de Klapisch, ce film me confirme que je suis fan d’elle!

Robin des bois (VF) de Ridley Scott avec Russell Crowe, Cate Blanchett
Du grand spectacle comme on en réussit rarement. Mention particulière pour le travail sur la lumière : la photographie
est magnifique. Mais les personnages manquent un peu de chair pour que le film dépasse son esthétisme et devienne une très grande oeuvre.

The ghost-writer (VO) de Roman Polanski avec Ewan McGregor, Pierce Brosnan
Un thriller très tendu dont le titre pourrait se traduire en français par "Le nègre" (ou pas). L’histoire est très prenante mais la révélation finale m’a semblé en-deçà du reste.

Invictus (VO) de Clint Eastwood avec Morgan Freeman, Matt Damon
Cette fois, Clint Eastwood a choisi l’optimisme. D’ailleurs, l’histoire paraît trop belle pour être vraie. Hasard du calendrier, on ne peut s’empêcher à l’équipe française de foot cette année en Afrique du Sud qui a réussi l’exact opposé de l’équipe de rugby du film!

Les invités de mon père d’Anne Le Ny avec Fabrice Luchini, Karin Viard
Excellente comédie à la française. Les sujets de la famille et de l’immigration sont traités sans manichéisme, avec subtilité et humour. Les comédiens sont bons mais Michel Aumont est juste parfait.

Bébés de Thomas Balmès sur une idée d’Alain Chabat
Un petit bijou. Des magnifiques paysages de Namibie et de Mongolie aux villes des Etats-Unis et du Japon (fuyez les crèches japonaises!), ces bébés sont portés par une même soif de découverte et d’apprentissage, finement capturée par la caméra. Beau, drôle et émouvant : bravo les bébés!

Shrek 4, Il était une fin (VF – 3D) de Mike Mitchell avec les voix d’Alain Chabat, Med Hondo
Etonnant qu’une telle série
se termine sur un vrai film d’amour. Mais la technique est arrivée à un tel sommet et les personnages sont si attachants que j’ai failli oublier qu’ils n’étaient que dessinés. Snif!

Le caméléon (VO) de Jean-Paul Salomé avec Marc-André Grondin, Ellen Barkin
Le film ne dévoilera pas les motivations de son héros principal, spécialiste des usurpations d’identité.
Seule est creusée l’histoire de cette famille paumée au coeur de la Louisiane, magnifiquement interprétée. Mais le climat pesant particulièrement réussi semble cacher un mystère qui s’évapore à la fin, le secret familial étant éventé depuis longtemps.

Les petits ruisseaux de Pascal Rabaté avec Daniel Prévost, Philippe Nahon
Un film au démarrage très lent mais auquel on s’attache au fur et à mesure que l’histoire se développe. Original et très sensible. Amusant aussi à voir à Cannes parmi les petites vieilles qui font leurs commentaires tout haut, en particulier sur les peintures d’Edmond!

Millénium 2 – La Fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette (VO) de Daniel Alfredson avec Michael Nyqvist, Noomi Rapace
Après l’excellent premier volet, la nouvelle livraison déçoit beaucoup : histoire assez basique, ambiances brumeuses disparues, révélations redondantes. La fin du film ressemble presque à une caricature. Pourvu que le troisième remonte le niveau!

Tournée de Mathieu Amalric avec Mathieu Amalric, Miranda Colclasure
Je n’ai pas vraiment compris l’engouement autour de ce film. Les acteurs sont bons mais le rythme est lent et le ton hésite sans cesse entre la comédie et le tragique sans atteindre totalement ni l’un ni l’autre. Enfin, le personnage principal m’a paru trop peu sympathique pour que je le plaigne dans ses malheurs.

Copie conforme (VO) d’Abbas Kiarostami avec Juliette Binoche, William Shimell
Un flot continu de paroles qui m’a rapidement plongé dans un certain état de somnolence. Binoche déploie une énergie qui légitime son prix d’interprétation à Cannes. Mais je me demande encore le but de ces gesticulations. Pire, je me demande s’il y avait un but.

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Les fêtes du cinéma 2009, 2008, 2007, 2006 et 2005 : mes chroniques des années précédentes
Le Mercury, place Garibaldi à Nice : grâce au Conseil Général, retrouvez en ligne la programmation de mon principal fournisseur (avec le Rialto) de films en VO. Pour éviter les erreurs de Nice-Matin.
Sex and the city 2 : vu avant la fête. L’idée de poursuivre malgré tout la saga en basant l’histoire sur le vieillissement des personnages aurait pu être intéressante. Encore aurait-il fallu une histoire car les problématiques sont abordées de façon trop légère (la scène du souk est même dérangeante). Malgré quelques passages réussis, et même en étant fan, je n’ai pas accroché.
Les Mondes Darwiniens : un livre présenté dans La Tête au Carré sur France Inter, examinant la théorie de Darwin que combattent les créationnistes. Car les créationnistes existent : je les ai rencontrés! Cinq minutes avant le début de Shutter Island, je dégustais ma glace place Garibaldi devant un sympathique concert où circulaient des tracts verts "En avant la musique". Sauf qu’entre deux chansons, un prêcheur évangélique est venu nous mettre en garde contre ceux qui veulent nous faire croire que nous sommes là par hasard. Je n’avais malheureusement pas le temps de lui expliquer qu’il n’avait rien compris à la théorie de l’évolution.

Feu vert pour Green Zone

Lundi 19 avril 2010

Les américains sont étonnants : sept ans après les événements d’Irak, ils en tirent déjà un film sous la forme d’un thriller accusateur. Green zone (la zone verte, quoi) est souvent comparé aux derniers volets de la trilogie Jason Bourne (… dans la peau) puisqu’il réunit l’acteur Matt Damon et le réalisateur Paul Greengrass. Effectivement, le film est terriblement efficace, très rythmé  mais on est plus saisi par l’effet de réalisme que par l’histoire elle-même.

Car on connaît le sujet, le mensonge sur les ADM, les armes de destructions massives en Irak. Or, je m’attendais à plus de complexité. Le film n’a l’air de faire porter la faute que sur le seul Pentagone, qui aurait dit au gouvernement ce qu’il voulait entendre. La responsabilité de la presse est évoquée mais on la présente comme manipulée. Enfin, la CIA est complètement dédouanée de même que, bien entendu, les soldats de terrain. Le film a sans doute été conçu comme un hommage aux soldats américains d’Irak dans une Amérique encore traumatisée. La réflexion sur la gestion de l’après-guerre est amorcée mais rien ne dit que les solutions proposées par le film auraient suffi. Sujet complexe mais très bon film.

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Deux petits mots sur trois grands films

Lundi 12 avril 2010

Je vous ai laissé trop longtemps sans critiques cinéma. Je reviens donc sur trois gros films vus au ciné ces derniers mois dont certains sont déjà disponibles en DVD.

Avatar : je craignais que le film ne soit pas à la hauteur de sa réputation mais j’ai marché à chaque instant. Je craignais qu’il soit alourdi par la technique mais elle s’efface devant la virtuosité. Je craignais un film un peu monotone, or Cameron nous présente un CV de tout ce qu’il sait faire, de Terminator à Titanic en passant par Abyss avec Sigourney Weaver. Et j’ai trouvé ce mélange des genres très réussi. Le message est niais pour certains et glorifie la violence pour d’autres : preuve que le film est sans doute plus complexe qu’il n’y paraît à première vue. Une très belle réussite en tout cas.

Océans : j’avais globalement aimé les précédentes productions animalières de Jacques Perrin, en particulier Microcosmos mais j’ai été plutôt déçu par Océans. On annonçait beaucoup d’images inédites. Or, en août dernier, j’étais allé voir le modeste Voyage sous les mers 3D : malgré un commentaire un peu niais (Marion Cotillard prête sa voix à une tortue) et des plans parfois longuets sur les grands mammifères marins, j’avais aimé me plonger à nouveau parmi les poissons tropicaux comme en Polynésie quelques mois plus tôt. A part la séquence de combat, Océans m’a paru peu spectaculaire, presque une redite de ce que j’avais vu en août mais sans la 3D et finalement peu convaincant.

Alice au Pays des Merveilles : des paysages sombres aux arbres torturés et peuplés de personnages singuliers. Tim Burton intègre dans son univers les romans de Lewis Caroll pour un résultat visuellement parfait. De l’histoire, j’ai apprécié sa dimension de voyage initiatique. Mais je suis loin d’en avoir toutes les clés. En particulier, je m’interroge sur la reine blanche qui m’a semblé un fantôme régnant sur un royaume de morts vivants. Après sa victoire, le pays va-t-il reprendre des couleurs? Je suis aussi perplexe sur la nécessité d’un final façon Harry Potter et, musicalement parlant, sur l’affreux arrangement de la gigue et l’inutile chanson d’Avril Lavigne en générique. Seule concession de Burton à Disney? Ce qui m’a finalement manqué le plus, c’est un peu de surprise, un peu de ce souffle qui vous entraîne dans l’histoire.

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Enorme M à Nice : ce n’est plus un mystère!

Samedi 3 avril 2010

Octobre 2004 : le passage à Nice de M alias Matthieu Chedid pour sa tournée En tête à tête était pour moi une révélation (lire ma chronique). Plus de cinq ans après, il nous a offert le 26 mars dernier à Nikaïa un nouveau concert exceptionnel. En première partie, j’ai raté le chanteur-percussionniste David Walters qui a terminé à 20h10! Heureusement, je l’avais vu lors du Nice Jazz Festival 2006 (lire ma chronique). Moins d’une demi-heure plus tard, les six musiciens de M apparaissent sur scène : l’habituel batteur Cyril Atef, un clavier, une bassiste, un guitariste mais aussi sa sœur Ana aux chœurs et au piano et son frère Joseph dit Jojo aux guitares, claviers, batterie, déguisements et blagues. M, lui, chante la première chanson en coulisse.

Mister Mystère : M entre en scène et le concert commence fort. Très fort même, puisque deux titres plus tard M lance un Ca sonne faux sur lequel il entre déjà en transe : Cyril Atef se jette dans le public, M part faire son solo dans la fosse puis dans les gradins, ovationné par la foule. Le public est en communion avec lui, il bouge avec lui, il chante avec lui, il crie avec lui. Rares sont les artistes qui obtiennent une telle ambiance en fin de concert. En tout début, c’est exceptionnel. Et risqué pour la suite. Mais là où M est fort, c’est qu’il réussit à tenir son public jusqu’au bout.

Malgré quelques morceaux plus torturés, dont une des lettres à Tanagra, le public des gradins ne se rassoit plus que sur quelques ballades. M revisite surtout son dernier album : Hold Up, qu’il a dérobé à son père, est montré dans une version très réussie et l’excellent Est-ce que c’est ça que j’attendais s’enchaîne avec La belle étoile. Amssétou, inspiré du Mali (on pense forcément à Amadou et Mariam), était faite pour une apothéose avant les rappels. Je l’espérais enchaînée avec l’énorme Mama Sam. Mais finalement, elle suffit à mettre l’ambiance : des filles qui montent sur scène, la salle qui danse et David Walters que M fait revenir sur scène pour une impro vocale. Le bonheur.

Premier rappel : M revient devant le rideau baissé et commence un medley de ses tubes une guitare acoustique à la main et un pied de grosse caisse au sol. On se dit que le concert va se calmer. Au contraire, la salle est debout et l’ambiance incroyable. Le Machistador qui suit est la dernière explosion d’adrénaline de le soirée, les deux rappels qui suivent nous permettant de décompresser. Et le plus beau, c’est que le concert est beau. Inspiré de l’esthétique de l’album, tout joue sur le noir et blanc, l’ombre et la lumière : la scène, les projections (live ou enregistrées), les incrustations. La mise en scène offre mille trouvailles drôles ou poétiques qui s’ajoutent aux moments d’impros incroyables et à ce lien si particulier que M tisse avec son public. Plus de mystère : Mister M nous offre ce qu’il y a de meilleur.

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NPG Monaco : une chronique du même concert par un autre Eric avec photos, articles de presse et vidéos

Fête du Cinéma 2009 : un très bon crû

Lundi 13 juillet 2009

Cette année, la fête du cinéma inaugurait une nouvelle formule à 7 jours au lieu de 3. Heureusement, j’ai été raisonnable et je ne suis allé voir que 16 films! Comme chaque année, voici mon classement en commençant cette fois par les films que j’ai préférés. Mais ce classement ne signifie pas grand chose tellement le niveau des films était élevé cette année. Pour le dire simplement : je n’ai vu que des bons films!

Slumdog Millionnaire (VO) de Danny Boyle avec Dev Patel, Mia Drake, Freida Pinto
Un chef-d’œuvre. Je craignais que le film ne soit pas à la hauteur de sa réputation : il l’est! Dès les premières minutes, on a la certitude d’entrer dans un film d’exception et le rythme ne faiblit pas jusqu’à la fin. On est sans cesse secoué par toutes sortes d’émotions des plus violentes aux plus touchantes. Un film baroque qui fait le meilleur portrait possible de l’Inde moderne.

L’âge de glace 3  – Le Temps des dinosaures (VF – 3D) de Carlos Saldanha avec Gérard Lanvin, Vincent Cassel, Elie Semoun
Comment ne pas être fan? Ce nouveau volet est encore plus drôle et plus enlevé que les précédents. Les nouvelles aventures de Scrat sont des plus réussies. Ce film est un modèle du genre dans sa façon de marier l’action et l’humour en même temps et au même niveau. Les séquences finales notamment sont éblouissantes. Quant à la 3D, elle donne une profondeur magique à l’image et souligne encore mieux ce jeu de perspectives entre le très petit et l’immense. Courez-y!

Good Morning England (VF) de Richard Curtis avec Philip Seymour Hoffman, Rhys Ifans
Bien que n’ayant pas pu le voir an anglais, j’ai passé un très bon moment. Le film raconte l’histoire d’une radio rock pirate émettant depuis un bateau en Angleterre dans les années 60. Illustrant la devise « Sex & rock’n’roll », le film enchaîne à un rythme soutenu des séquences toujours très drôles et pleines de trouvailles, brossant une galerie de portraits hors du commun. Et la bande musicale est un vrai bonheur!

Terminator Renaissance (VF) de McG avec Christian Bale, Sam Worthington
L’évolution de la saga est l’illustration même des progrès fulgurants des effets spéciaux. Grâce à une histoire solide et d’excellents acteurs, le film ne faiblit pas une seconde et culmine, à mon goût, dans une course poursuite motos-camion-vaisseau qui dépasse tout ce que j’avais pu voir. Une vraie réussite.

Millénium (VO) de Niels Arden Oplev avec Michael Nyqvist, Noomi Rapace
Basé sur une intrigue de résolution d’énigme, assez classique mais très bien construite, Millénium tire toute son originalité et son sel de la présence de personnages torturés et/ou pervers dont les penchants nous sont décrits plutôt précisément. Du coup, tout le film baigne dans une atmosphère étrange et attirante et nous surprend jusqu’au bout.

Tellement proches de Eric Toledano et Olivier Nakache avec Vincent Elbaz, Isabelle Carré
Bien que n’étant pas très tenté au départ, j’ai beaucoup aimé. L’ensemble est très drôle, en particulier la séquence de la première soirée. Les répliques sont très bien écrites et les personnages vraiment originaux. D’ailleurs, tous les comédiens sont excellents. Je le conseille!

Lascars de Albert Pereira Lazaro et Emmanuel Klotz avec Vincent Cassel, Omar Sy
Basé sur un comique de situation éprouvé, ce « petit » film d’animation séduit grâce à son graphisme décalé, ses personnages bien définis et excessifs et son écriture très précise. Le rythme est très speedé et on rit tout du long.

Anges et démons (VF) de Ron Howard avec Tom Hanks, Ewan McGregor
Le thème est original, l’histoire bien construite (précisons que je n’avais pas lu le livre) mais le traitement du film m’a semblé un peu trop classique voire mécanique. La fin par contre est très réussie.

Les beaux gosses de Riad Sattouf avec Vincent Lacoste, Anthony Sonigo
Une bonne surprise : le dessinateur de BD a parfaitement su retranscrire les divagations de jeunes élèves de troisième, plus vrais que nature. Le héros du film incarne bien l’ado totalement ignorant des filles comme de ses propres sentiments, tandis que les filles paraissent plus déterminées. Tous les rôles sont parfaits, d’Emmanuelle Devos en principale à Noémie Lvovsky en mère dépressive : j’ai beaucoup ri!

La première étoile de Lucien Jean-Baptiste avec Lucien Jean-Baptiste, Firmine Richard
Une très bonne comédie, originale par son thème et parfaitement interprétée par son réalisateur. On regrette juste que le côté « social » voire revendicatif du début finisse par laisser la place à une avalanche de bons sentiments qui engloutit tout le monde.

Jeux de pouvoir (VF) de Kevin Macdonald avec Russell Crowe, Ben Affleck
Du très classique, très bien joué mais sans véritable surprise. Là où j’attendais une réflexion sur les rapports entre les journalistes et les politiques, j’ai vu plutôt un thriller avec de vrais moments de suspense et une étude psychologique assez poussée du journaliste interprété par Russel Crowe.

Looking for Eric (VO) de Ken Loach avec Eric Cantona, Steve Evets
J’y allais à reculons et le début semblait me donner raison : un père en difficulté sociale, familiale et psychologique puis l’apparition de Cantona qui donne lieu à deux longues séquences, celle de supporters dans un bar puis celle présentant les exploits du footballeur. Mais, dès ce passage fini, l’histoire s’accélère et le rythme ne faiblit plus jusqu’à la fin. Le suspense, très bien mené, cède la place à un final à la fois crédible et totalement déjanté qui est un vrai bonheur. Etonnant!

Very bad trip (VF) de Todd Phillips avec Bradley Cooper, Ed Helms
Peut-être surestimée, voilà une comédie assez barrée mais loin d’être un chef-d’œuvre. Le scénario est foisonnant mais le film aurait sans doute gagné à ne pas souligner si souvent ses effets les plus potaches.

Coraline (VF) de Henry Selick avec Claire Guyot
J’aurais peut-être préféré la version originale et en 3D. Quoi qu’il en soit, le réalisateur de l’Etrange Noël de M. Jack reprend des thèmes (la dualité des choses) et une esthétique semblables (les décors, le personnage du chat, la musique) sans retrouver la même magie. Les personnages ne m’ont pas semblé attachants et j’ai suivi l’histoire sans être emporté.

Amerrika (VO) de Cherien Dabis avec Nisreen Faour, Hiam Abbass
Amreeka, sous son titre original, est un film assez étonnant qui raconte des choses profondes voire graves tout en ayant l’aspect d’une comédie. On apprécie surtout la justesse des détails, notamment la description de la vie en Palestine ou le passage de la douane américaine : « Nationalité? Nous n’en avons pas. Comment ça, vous n’avez pas de pays? Non, nous sommes palestiniens. »

Etreintes brisées (VF) de Pedro Almodóvar avec Penélope Cruz, Blanca Portillo
La sublime Penélope Cruz rayonne face à la caméra d’Almodóvar qui s’essaie à toutes les formes de film dans le film. L’histoire est typique du cinéaste mais face à la drôlerie de la séquence de « Femmes et valises » révélée à la fin, on regrette qu’il n’ait pas choisi de faire une vraie comédie.

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Les fêtes du cinéma 2008, 2007, 2006 et 2005 : mes chroniques des quatre années précédentes

A Nice, au premier concert de Mylène Farmer

Dimanche 3 mai 2009

Mylène Farmer en tournéeC’était sa première.  Mylène Farmer a répété à Nice le spectacle de son nouvel album Point de suture et elle y a lancé hier soir sa tournée. Le Nikaïa était plein même si certains ont essayé de vendre leurs places au dernier moment et alors que la deuxième date de ce soir est quasiment complète. C’était une première pour moi aussi : mon premier concert de Mylène! J’y suis allé avec ma sœur qui, elle, est fan depuis longtemps mais je connaissais évidemment tous les tubes de la pas vilaine Farmer. Alors que les mieux placés de la fosse ont campé devant le palais depuis plusieurs jours, nous étions très bien placés en gradins. Je vous livre mes impressions à chaud sans essayer de trop en dire mais si vous préférez garder la surprise, passez votre chemin ;)

En découvrant le décor, je l’ai trouvé à la fois grandiose et presque ridicule. Mylène apparaît entre deux gigantesques cadavres, elle-même portant un costume d’écorchée! Bien qu’ouvrant sur Paradis Inanimé, du dernier album, l’esthétique dominante est celle du dernier clip, C’est dans l’air, où dansent des cadavres. Les costumes d’écorchés des danseurs sont d’ailleurs très seyants ;) Ce que j’ai préféré dans le décor, c’est finalement ces petites cases peuplées de mannequins qui, selon les éclairages et les projections, passent de l’aspect de cadavres à celui de jeunes femmes sexy. Un grand écran central montre Farmer en gros plan assez souvent pour qu’on profite bien de son visage. Mention spéciale aux lumières, notamment lors de l’étonnant tapis vert qui recouvre la fosse à un moment. De grands effets? A part un peu de pyrotechnie, il n’y en a pas tant que ça, les chorégraphies, les projections et la musique réussissant à occuper tout l’espace. Enfin, les costumes qui suivent sont tous très réussis, des robes longues très classe aux étonnants costumes noir et blanc inspirés d’un échiquier. D’ailleurs, Mylène était très en beauté ce soir.

Le plus grand atout du spectacle, c’est le choix des chansons. Les six ou sept morceaux qui sont tirés du dernier album sont bien répartis et fonctionnent de mieux en mieux lors du spectacle jusqu’à C’est dans l’air qui arrive en apothéose. En dehors de cela, que des tubes! Un peu inattendu, A quoi je sers aurait pu être un beau moment sans la grosse plantade du début, où Farmer est partie dans une autre tonalité que l’orchestre! A contrario, la voix était trop faiblement mixée pour un ou deux autres titres. Mais mettons ça sur le compte de la première ;) D’ailleurs Mylène n’hésite pas à se mettre en danger avec trois titres, dont Ainsi soit je, où elle est accompagnée du seul Yvan Cassar aux claviers. Beaucoup d’émotion qu’elle essaie de maîtriser en chantant les yeux fermés mais qu’elle laisse finalement passer, la voix tremblante puis laissant couler sas larmes. A peine quelques mots échangés avec le public dans tout le concert mais Mylène n’est jamais distante : elle est toujours attentive à chanter pour nous et à nous faire participer. Alors quand, après XXL et Pourvu qu’elles soient douces, Libertine s’enchaine avec Sans contrefaçon puis que  Désenchantée suit… Dégénération, toute la salle est debout, chante et danse. Un petit tour et puis s’en va après un seul titre de rappel. C’est tout? Mais le concert a duré deux heures : vraiment, on ne les a pas vues passer!

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Palais Nikaïa : le « zénith » de Nice à taille humaine
Mylene.net : le « site de référence » avec déjà des spoilers

James Bond sauve à nouveau le monde et la Bolivie

Dimanche 2 novembre 2008

Ils ont bien fait de choisir Daniel Craig pour jouer James Bond : ils m’ont gagné comme nouveau spectateur! Casino Royale est en effet le premier film de la série que j’ai vu au cinéma! Vendredi nous l’avons revu sur notre PS3 (Sony nous avait offert le Blu-Ray ;) ) et hier nous étions au cinéma pour Quantum of Solace, sa suite directe. Je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi bien : pour moi, la poursuite « à pied » du début avec le traceur français Sébastien Foucan était indépassable. Et effectivement la première poursuite, qui se fait « à pied » dans les rues de Sienne, apparaît plus comme un clin d’oeil que comme une tentative de dépasser la première.

Le reste est à l’avenant. On garde l’esprit percutant du précédent mais l’absence de gadgets commence à trop banaliser le film. Dans Casino Royale, l’analyse de sang et le défibrilateur me suffisait. Ici, seul le centre du MI6 avec ses écrans façon Minority Report joue la carte des Nouvelles Technologies. C’est peu. Quant à l’histoire, on se retrouve entre une organisation secrète façon Alias et des affaires de coups d’état « à l’ancienne ». Malgré tout, le film est bien rythmé et réserve quelques surprises. Enfin, Mathieu Amalric incarne particulièrement bien le rôle du méchant. Le film est un peu court tout de même. Et, malheureusement, Daniel Craig n’apparaît pas cette fois en maillot :P

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Quantum of Solace sur AlloCiné qui tente de donner une explication au titre
Casino Royale : ma critique express sur mon précédent blog
Sébastien Foucan in english

Anne Tappon est Borderline

Jeudi 30 octobre 2008

Anne Tappon BoderlineJ’ai eu la chance de voir hier soir à Antibes le spectacle d’Anne Tappon, un « one-woman show » très sympathique.  Bien qu’entrant en scène en s’adressant au public, Anne Tappon dresse tout au long de la soirée une galerie de portraits de femmes aux accents divers, toutes décalées voire hystériques. Elle lie ses sketchs par des petits tableaux insolites généralement commentés ensuite par la chorégraphe, personnage récurent qui sert de fil rouge au spectacle.

On retiendra entre autres personnalités celle de la célibataire trentenaire dont les remarques sur les hommes fonctionnent très bien auprès des femmes célibataires du public ou encore la blonde qui invite un spectateur sur scène – exercice dont Anne Tappon se tire très très bien! Sans oublier les passages chantés où elle démontre aussi ses qualités de chanteuse, notamment dans une parodie de cantatrice qui finit par s’étouffer avec un Tic-Tac! Au-delà de l’écriture, c’est la présence physique d’Anne Tappon sur scène, sa façon d’incarner ses personnages jusqu’à l’extrême et les moments de délire qu’elle se paye qui emportent l’adhésion. A découvrir et à suivre ;)

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Anne Tappon : retrouvez sur son site les prochaines dates de Boderline ainsi que de son spectacle Ketchup Caviar, en duo avec Xavier Metzger, qui se joue à Paris tous les jeudis
Théâtre de la Marguerite, alias la Scène Sur Mer : Anne Tappon y joue encore jusqu’au 1er novembre. N’hésitez pas à leur laisser votre email, ils vous enverront de temps en temps des invitations pour deux et c’est ce qui nous est arrivé hier! Merci!

Timsit se remet seul debout 13 ans après

Dimanche 19 octobre 2008

TimsitPlus de 10 ans que je l’attendais ce spectacle! J’avais enregistré le précédent one man show de Patrick Timsit à la télévision et usé la cassette vidéo jusqu’à en connaître la plupart des sketchs par cœur. Et peu de temps après la fin de celui-là, Timsit avait présenté en exclusivité dans … Fréquenstar le sketch qui allait ouvrir son spectacle suivant. Puis Timsit s’est pris de cinéma et il aura fallu attendre plus de 10 ans. Hier soir, j’ai enfin vu ce sketch sur scène!

13 ans : dans son One Man Stand-Up Show (traduire Spectacle de l’Homme Seul Debout), Timsit commence par évoquer ce temps passé loin de nous. A-t-on eu des infidélités avec d’autres humoristes? La salle lance des noms et Timsit rebondit. Cette proximité avec le public est l’une des constantes du spectacle et Timsit réagit même à ses propores bafouillements. Puis il parle de sa femme. Il y a 13 c’était la grossesse et l’accouchement. Aujourd’hui … c’est la séparation. « Ma femme me fait la gueule » est un des meilleurs moments du spectacle. Rapidement, Timsit fit dans la provocation et il en joue, peut-être plus qu’avant. Dès les premiers Ohhh de la salle, il s’amuse : « Si vous commencez comme ça, on n’a pas fini! »

Sur le modèle du stand-up, Timsit traite – de manière décalée – divers sujets de société comme les chercheurs, le racisme, le politiquement correct et ses ennuis avec les handicapés (ou plutôt les valides parlant en leur nom), ou encore Sarkozy avec une belle imitation détournant ses déclarations ;) Mais en fil rouge, il garde son personnage de beauf macho en évoquant la vie de couple ou la garde alternée des enfants. On perd néanmoins les autres personnages qu’il a pu incarner, du grand-père au mythique « Bouli, mon ami bouli – Ma femme, la pov’ ma femme ». :D J’ai beaucoup ri même si, contrairement au précédent spectacle, je n’ai pas pleuré de rire. Mais tout autant que le public, Timsit garde le sourire en permanence et termine en rappel par un voyage à Koumac que le public dit presque avec lui. Manifestement, le plaisir a été partagé.

Liens
Patrick Timsit, le site officiel
Palais des Festivals de Cannes : la programmation musicale et théâtrale de Cannes sur trois salles dont celle du Théâtre de la Licorne, agréable petite salle que j’ai découverte hier ;)