Archive pour le mot-clef ‘chronique’

Le cri du choeur : un deuxième mouvement très enlevé

Mardi 22 décembre 2009

Cri du choeurVendredi dernier, j’ai assisté à la nouvelle création du théâtre de Cannes Alexandre III. Il s’agissait du deuxième spectacle du « Cri du chœur », un quatuor vocal se définissant lui-même comme « polyphonicomique ». Leur premier spectacle, créé à Nice, était déjà passé par Cannes et il m’avait notamment marqué par une parodie d’ancienne chanson paillarde qui constituait le fil rouge du spectacle :D Dans ce nouveau spectacle, on retrouve presque la même équipe : Solange, la vamp à lunettes, Benoît le guitariste dont j’adore les mimiques et Claude le grand maigre (au torse sec et musclé). La nouvelle arrivée, surnommée Michelle, est toute en rondeurs (Benoît ne cesse de s’en moquer) et pique des crises mémorables.

Le spectacle est entièrement constitué de chansons originales, pour la plupart parodiques, auxquelles se superposent les effets de mise en scène ou les sketchs jouant sur les caractères des personnages et leurs interactions. C’est souvent très drôle, en particulier dans toute la première partie : la musique slave (avec « une petite touche de Rom ») sonne lieu à un moment très réussi suivi d’un délire avec les légumes, irrésistible! Plus tard, c’est toute l’histoire d’un couple qui est mise en chanson entre ironie et émotion.  Nouvelle miette d’émotion avec la chanson solo de Michèle et intermède très sensuel sur une chanson en faux latin. La dernière partie du spectacle part plus dans le délire avec une fausse tragédie très outrée et un zoo-parano survolté. Pour finir plus tranquillement sur une parodie de flower-power. Un grand bravo pour l’originalité, la mise en scène inventive d’Alain Terrat, l’énergie des quatre chanteurs et la drôlerie de l’ensemble. Il reste encore des représentations : profitez-en!

Liens
Théâtre de Cannes : dates et réservation en ligne
FNAC.com : pour réserver (un peu plus cher)
Le cri du chœur
: le site de l’ancien spectacle

Alain Souchon à Nice : c’est déjà ça

Lundi 14 décembre 2009

Alain Souchon est chanteur

C’est la première fois que je voyais Alain Souchon sur scène. Il est passé jeudi dernier sur la scène d’Acropolis à Nice, une salle dans laquelle je n’étais pas retourné depuis longtemps. La salle est très agréable mais on avait des places au balcon en placement libre. On est arrivé pile au bon moment pour se placer tout devant sur l’avancée de droite et avoir une très bonne vision. Sauf que, quelques minutes avant le début du concert, la direction est venue nous prévenir que le son serait meilleur au milieu. Trop tard! Le son était bon mais pas très fort en effet.

Alain Souchon est arrivé sur le tapis blanc qui partageait la scène. Sobre en costume noir, il avait l’allure d’un pantin un peu désarticulé. Il était accompagné de seulement trois musiciens dont l’incontournable Michel-Yves Kochmann à la guitare que je voyais pour la première fois « en vrai » et sans son bandana!  Souchon est immédiatement sympathique. Il aime raconter de petites histoires entre les chansons. Elles font souvent sourire malgré l’ambiance des chansons du début où s’enchaînent les titres Petit tas tombé (sur les SDF) et Parachute doré puis C’est déjà ça et Elle danse (sur les immigrés). A l’inverse, son délire de la fin sur Alain Voulzy est très drôle.

Pendant une bonne partie du concert, Souchon a puisé dans ses succès récents, c’est-à-dire ceux des années 90 et 2000, dont son dernier album.  En milieu de concert, alors qu’il n’y avait pas de fosse, il a fait venir devant la scène tous ceux qui ne pouvaient pas le voir de près. S’en est suivi un beau moment Sous les jupes des filles. Il nous a alors offert quelques titres plus anciens jusqu’à nous faire chanter façon karaoké sur Quand je serai KO et Foule sentimentale, pour lesquelles on n’avait pas vraiment besoin de paroles! En rappel, Souchon nous a prouvé qu’il avait encore 10 ans en donnant le micro aux plus jeunes du premier rang : « t’ar gueule à la récré ». Très mignon. Mais alors que le public lui réclame l’énorme Bidon, il revient pour finir avec un Rame avec ses musiciens en choristes.

Pendant le concert, Souchon dit être allé voir la jeune génération sur scène ces dernières années. Pourtant, à côté d’un Vincent Delerm par exemple, il offre un show bien classique, visuellement comme musicalement, sans grande inventivité dans la mise en scène. En rentrant chez moi, je me suis remémoré tous les titres présents sur son fabuleux live de 1990, Nickel. Presque tout y était, sauf J’ai dix ans et le sublime Somerset Maugham qu’il a chanté jeudi aussi. J’ai dû me rendre à l’évidence qu’il m’avait manqué une bonne part de ces fabuleux titres des années 70 et 80. Mais je les entendrai peut-être sur la prochaine tournée.

Liens
Alain Souchon : le site officiel
Acropolis : le Palais des Congrès de Nice

Johnny à Nice : rock’n'roll!

Mercredi 21 octobre 2009

Johnny Hallyday - M’arrêter làDimanche, j’ai assisté à mon premier et sans doute unique concert de Johnny Hallyday. Même sans être fan, on a forcément suivi la carrière de Johnny dont la période Goldman était ma préférée. Le voir en concert, c’était l’occasion de survoler toute sa carrière. La question principale était de savoir si le concert justifierait le prix assez élevé des places. Eh bien je trouve qu’en quantité et en qualité, on en a eu pour notre argent.

La scène, tout d’abord, est énorme. On était placé presque tout en haut de la salle du Nikaïa mais la visibilité était bonne. Avant le début du concert, les deux statues géantes d’hommes-aigles qui entouraient la scène pouvaient faire craindre le pire. En réalité, le décor est très simple : tout le fond de scène est occupé par un écran panoramique devant lequel quatre écrans sur vérins tournent et se regroupent à la demande. Assez fascinant. Entre les gros plans sur le chanteur et les musiciens, les diaporamas photos, les films d’animation (sur Requiem pour un fou par exemple) et l’incontournable pyrotechnie, on en a pris plein les yeux.

Le groupe aussi est énorme. Johnny est entouré de trois choristes et d’une douzaine de musiciens dont une section de quatre cuivres. Evidemment, ils sont tous excellents. De son côté, Johnny se donne vraiment (même s’il fait une pause en laissant ses musiciens jouer un moment Born to be wild) et sa voix ne le trahit pas. Quant au répertoire, Johnny a le bon goût de ne chanter que trois chansons de son dernier album. D’ailleurs, la seule chanson du concert que je n’ai pas aimée du tout est la reprise de Unchained Melody en duo : Johnny et sa choriste alternent les couplets dans des tonalités différentes, c’est horrible. Heureusement, les tubes sont au rendez-vous : de Quoi ma gueule qui ouvre le spectacle à L’envie qui le clôt.

Bonne idée : le set acoustique.  Dans la deuxième partie du concert, Johnny et quelques musiciens rejoignent une plateforme située en plein milieu de la fosse pour quelques titres plus anciens. Grosse surprise dans le dernier titre (Tennessee) : on change la guitare de Johnny pour une guitare … branchée. Et il joue tout le début de la chanson avant le retour des musiciens. Juste après, suit un excellent medley rhythm’n'blues avec notamment Noir c’est noir et l’adaptation de Knock on wood.

Je pensais que Johnny ne parlerait quasiment pas. Il pousse bien plusieurs « waouh » et se dit souvent très content de l’accueil du public, qui scande de lui-même « Johnny Hallyday, Johnny Hallyday ». Mais il a préparé aussi quelques discours plutôt bien tournés, même s’il insiste beaucoup sur sa femme Læticia, très applaudie juste avant le concert en arrivant dans la salle avec Jade dans les bras. J’ai même presque trouvé Johnny émouvant en évoquant l’étoile du Berger avant de chanter Tennessee.

Seuls les rappels ont été un peu décevants. On s’attend en effet, à une nouvelle série de tubes. Or, Johnny revient avec son nouveau titre Ca ne finira jamais (ben si justement) puis il se retire à nouveau un moment pour se concentrer. Il revient en arborant un masque de douleur un peu surjoué pour reprendre Et maintenant de Bécaud. C’est vrai que va-t-il faire maintenant sans nous, le pauvre? Et Johnny s’en va sans nous dire une nouvelle fois au revoir. Mais en nous laissant après deux heures de show le sentiment d’un vrai beau moment de scène.

Liens
Johnny Hallyday, le site officiel
Nikaïa, le « zénith » de Nice

5 concerts et une pièce de théâtre en un week-end!

Lundi 19 octobre 2009

Je viens de passer un excellent week-end artistique. Vendredi et samedi, j’ai assisté aux deux dernières soirées du Monaco Live Festival avec les très bons concerts d’Emily Loizeau (première partie AlloCaroline), impressionnante dans la démesure comme dans le minimalisme, et d’Alexis HK (première partie Les Babaars) très très drôle sur scène. Pour tous les détails, je vous renvoie à mes deux chroniques pour Zik’n'Blog grâce à qui j’avais obtenu des invitations :
Monaco Live Festival : Emily Loizeau est perchée
Alexis HK à Monaco : un bonheur éternel

georgealfred.jpgDimanche, j’ai commencé par assister à George et Alfred de Marie-Françoise Hans au théâtre de Cannes Alexandre III. Claire Tuloup-Duthieuw et Denis Duthieuw interprètent George Sand et Alfred de Musset juste avant leur séparation. A travers leurs disputes et leur réconciliation, la pièce évoque l’œuvre féministe de Sand et les excès de Musset. Mais à trop jouer la corde de l’amour passionnel, le récit tourne en rond pendant un certain temps avant de se renouveler dans la dernière partie. Quant à l’interprétation, j’ai particulièrement apprécié celle de Denis Duthieuw, impeccable.

Enfin, j’ai terminé mon week-end par le concert de Johnny au Nikaïa. J’ai trouvé le sexa très en forme. Il n’a proposé quasiment que des tubes et quels tubes! Encore un peu de patience, je vous raconte ça très vite.

Liens
Zik’n'Blog
Théâtre Alexandre III

Monaco Live Festival : l’excellent Delerm

Lundi 12 octobre 2009

Grande première : j’ai vu mon premier concert à Monaco! Pourquoi pas avant? Sans doute un peu loin de Cannes et selon les lieux, trop cher. Ce n’est pas le cas pour le Monaco Live Festival : toutes les soirées sont à 15€. En plus, j’ai obtenu des invitations pour Zik’nBlog : autant en profiter.

Samedi, j’ai donc vu le nouveau spectacle de Vincent Delerm. J’avais déjà adoré la précédente tournée (lire ici),  le live A la Cigale qui en avait été tiré (voir mes Albums préférés) et le dernier album Quinze Chansons. La nouvelle tournée est-elle à la hauteur? Oui! Delerm réutilise ses meilleures idées et continue à inventer. Le spectacle est intime et spectaculaire touchant et très drôle. Si vous le pouvez, ne le manquez pas!

Liens
Vincent Delerm à Monaco : « Tu vois un peu l’époque, l’ambiance » : ma chronique complète pour Zik’n'Blog
Vincent Delerm sur le site du label Tôt ou tard

Concerts de Septembre à Cannes : j’y étais!

Dimanche 4 octobre 2009

Cette année à nouveau, le Palais des Festivals de Cannes enchaînait quatre soirées de concert pour lancer sa saison « d’hiver ». Et à nouveau, j’ai obtenu des invitations presse afin de couvrir l’événement pour le site d’actualités musicales Zik’n'Blog. J’avais choisi trois soirées : Bertignac tout d’abord, que j’avais déjà vu en trio à Beaulieu-sur-Mer en 2005 (lire ici) et qui a été exceptionnel. L’après-midi, j’ai pu assister à sa conférence de presse mais malheureusement les interviews individuelles étaient réservées aux radios. Archive enfin, que j’avais vu au Palais en 2007 (lire ici), totalement fascinant. Entre les deux, Pete Doherty a fait son show à sa manière, montrant son talent pour la mélodie et l’insoumission mais prouvant un peu tard qu’il savait vraiment jouer de la guitare.

Voici mes compte-rendus sur Zik’n'Blog pour plus de détails. Bonne lecture!
Louis Bertignac : « Avec Band of Gnawa, on a des enregistrements mais on ne peut pas les sortir »
(interview et revue de concert)
Babyshambles à Cannes : Pete Doherty met le Palais des Festivals à l’envers
Archive à Cannes : la beauté secrète d’un groupe à plusieurs têtes

Liens
Palais des Festivals de Cannes : la programmation
Zik’n'Blog : le site d’actualité international (si, si)

Fête du Cinéma 2009 : un très bon crû

Lundi 13 juillet 2009

Cette année, la fête du cinéma inaugurait une nouvelle formule à 7 jours au lieu de 3. Heureusement, j’ai été raisonnable et je ne suis allé voir que 16 films! Comme chaque année, voici mon classement en commençant cette fois par les films que j’ai préférés. Mais ce classement ne signifie pas grand chose tellement le niveau des films était élevé cette année. Pour le dire simplement : je n’ai vu que des bons films!

Slumdog Millionnaire (VO) de Danny Boyle avec Dev Patel, Mia Drake, Freida Pinto
Un chef-d’œuvre. Je craignais que le film ne soit pas à la hauteur de sa réputation : il l’est! Dès les premières minutes, on a la certitude d’entrer dans un film d’exception et le rythme ne faiblit pas jusqu’à la fin. On est sans cesse secoué par toutes sortes d’émotions des plus violentes aux plus touchantes. Un film baroque qui fait le meilleur portrait possible de l’Inde moderne.

L’âge de glace 3  – Le Temps des dinosaures (VF – 3D) de Carlos Saldanha avec Gérard Lanvin, Vincent Cassel, Elie Semoun
Comment ne pas être fan? Ce nouveau volet est encore plus drôle et plus enlevé que les précédents. Les nouvelles aventures de Scrat sont des plus réussies. Ce film est un modèle du genre dans sa façon de marier l’action et l’humour en même temps et au même niveau. Les séquences finales notamment sont éblouissantes. Quant à la 3D, elle donne une profondeur magique à l’image et souligne encore mieux ce jeu de perspectives entre le très petit et l’immense. Courez-y!

Good Morning England (VF) de Richard Curtis avec Philip Seymour Hoffman, Rhys Ifans
Bien que n’ayant pas pu le voir an anglais, j’ai passé un très bon moment. Le film raconte l’histoire d’une radio rock pirate émettant depuis un bateau en Angleterre dans les années 60. Illustrant la devise « Sex & rock’n'roll », le film enchaîne à un rythme soutenu des séquences toujours très drôles et pleines de trouvailles, brossant une galerie de portraits hors du commun. Et la bande musicale est un vrai bonheur!

Terminator Renaissance (VF) de McG avec Christian Bale, Sam Worthington
L’évolution de la saga est l’illustration même des progrès fulgurants des effets spéciaux. Grâce à une histoire solide et d’excellents acteurs, le film ne faiblit pas une seconde et culmine, à mon goût, dans une course poursuite motos-camion-vaisseau qui dépasse tout ce que j’avais pu voir. Une vraie réussite.

Millénium (VO) de Niels Arden Oplev avec Michael Nyqvist, Noomi Rapace
Basé sur une intrigue de résolution d’énigme, assez classique mais très bien construite, Millénium tire toute son originalité et son sel de la présence de personnages torturés et/ou pervers dont les penchants nous sont décrits plutôt précisément. Du coup, tout le film baigne dans une atmosphère étrange et attirante et nous surprend jusqu’au bout.

Tellement proches de Eric Toledano et Olivier Nakache avec Vincent Elbaz, Isabelle Carré
Bien que n’étant pas très tenté au départ, j’ai beaucoup aimé. L’ensemble est très drôle, en particulier la séquence de la première soirée. Les répliques sont très bien écrites et les personnages vraiment originaux. D’ailleurs, tous les comédiens sont excellents. Je le conseille!

Lascars de Albert Pereira Lazaro et Emmanuel Klotz avec Vincent Cassel, Omar Sy
Basé sur un comique de situation éprouvé, ce « petit » film d’animation séduit grâce à son graphisme décalé, ses personnages bien définis et excessifs et son écriture très précise. Le rythme est très speedé et on rit tout du long.

Anges et démons (VF) de Ron Howard avec Tom Hanks, Ewan McGregor
Le thème est original, l’histoire bien construite (précisons que je n’avais pas lu le livre) mais le traitement du film m’a semblé un peu trop classique voire mécanique. La fin par contre est très réussie.

Les beaux gosses de Riad Sattouf avec Vincent Lacoste, Anthony Sonigo
Une bonne surprise : le dessinateur de BD a parfaitement su retranscrire les divagations de jeunes élèves de troisième, plus vrais que nature. Le héros du film incarne bien l’ado totalement ignorant des filles comme de ses propres sentiments, tandis que les filles paraissent plus déterminées. Tous les rôles sont parfaits, d’Emmanuelle Devos en principale à Noémie Lvovsky en mère dépressive : j’ai beaucoup ri!

La première étoile de Lucien Jean-Baptiste avec Lucien Jean-Baptiste, Firmine Richard
Une très bonne comédie, originale par son thème et parfaitement interprétée par son réalisateur. On regrette juste que le côté « social » voire revendicatif du début finisse par laisser la place à une avalanche de bons sentiments qui engloutit tout le monde.

Jeux de pouvoir (VF) de Kevin Macdonald avec Russell Crowe, Ben Affleck
Du très classique, très bien joué mais sans véritable surprise. Là où j’attendais une réflexion sur les rapports entre les journalistes et les politiques, j’ai vu plutôt un thriller avec de vrais moments de suspense et une étude psychologique assez poussée du journaliste interprété par Russel Crowe.

Looking for Eric (VO) de Ken Loach avec Eric Cantona, Steve Evets
J’y allais à reculons et le début semblait me donner raison : un père en difficulté sociale, familiale et psychologique puis l’apparition de Cantona qui donne lieu à deux longues séquences, celle de supporters dans un bar puis celle présentant les exploits du footballeur. Mais, dès ce passage fini, l’histoire s’accélère et le rythme ne faiblit plus jusqu’à la fin. Le suspense, très bien mené, cède la place à un final à la fois crédible et totalement déjanté qui est un vrai bonheur. Etonnant!

Very bad trip (VF) de Todd Phillips avec Bradley Cooper, Ed Helms
Peut-être surestimée, voilà une comédie assez barrée mais loin d’être un chef-d’œuvre. Le scénario est foisonnant mais le film aurait sans doute gagné à ne pas souligner si souvent ses effets les plus potaches.

Coraline (VF) de Henry Selick avec Claire Guyot
J’aurais peut-être préféré la version originale et en 3D. Quoi qu’il en soit, le réalisateur de l’Etrange Noël de M. Jack reprend des thèmes (la dualité des choses) et une esthétique semblables (les décors, le personnage du chat, la musique) sans retrouver la même magie. Les personnages ne m’ont pas semblé attachants et j’ai suivi l’histoire sans être emporté.

Amerrika (VO) de Cherien Dabis avec Nisreen Faour, Hiam Abbass
Amreeka, sous son titre original, est un film assez étonnant qui raconte des choses profondes voire graves tout en ayant l’aspect d’une comédie. On apprécie surtout la justesse des détails, notamment la description de la vie en Palestine ou le passage de la douane américaine : « Nationalité? Nous n’en avons pas. Comment ça, vous n’avez pas de pays? Non, nous sommes palestiniens. »

Etreintes brisées (VF) de Pedro Almodóvar avec Penélope Cruz, Blanca Portillo
La sublime Penélope Cruz rayonne face à la caméra d’Almodóvar qui s’essaie à toutes les formes de film dans le film. L’histoire est typique du cinéaste mais face à la drôlerie de la séquence de « Femmes et valises » révélée à la fin, on regrette qu’il n’ait pas choisi de faire une vraie comédie.

Liens
Cliquez sur les films pour accéder à leur fiche AlloCiné
La Fête du Cinéma, le site officiel
Les fêtes du cinéma 2008, 2007, 2006 et 2005 : mes chroniques des quatre années précédentes

Lenny Kravitz à Nice : énorme!

Dimanche 31 mai 2009

Lenny Kravitz LLR 20(09)

Enorme : que dire de plus? La tournée actuelle de Lenny Kravitz en France dans des salles de taille moyenne est déjà en soi un événement. Lenny est en plus un « performeur » comme on en voit peu sur scène. Et tous les musiciens sont d’un niveau exceptionnel. En juillet 2008, j’étais allé le voir au Zénith, en place assise. Pour le concert du 11 mai à Nice, j’avais donc pris une place en fosse. Je suis arrivé seulement une heure avant l’ouverture des portes et ça m’a suffi pour être au deuxième rang, sur le côté gauche de la scène mais juste derrière la barrière!

En première partie, comme sur les autres dates françaises, c’est Chris Cornell qui s’y collait. Je ne connaissais que deux de ses titres : l’excellent You know my name écrit pour l’excellent James Bond Casino Royale et bien sûr la reprise du Black Hole Sun qu’il chantait avec son groupe Soudgarden. Cornell donne toujours l’air de ne pas trop en faire tout en poussant sa voix au maximum. Elle résiste bien dans les aigus alors qu’elle paraît bizarrement moins assurée sur les rares passages plus doux. Les guitares à fond accompagnent bien son style, efficace mais un peu trop uniforme pour moi.

Lenny Kravitz à Nice par steph9668Pour Lenny, rien à dire. Moins bavard que l’an dernier, le concert gagne encore en efficacité. Il démarre sur Freedom train pour célébrer les 20 ans de la sortie de Let Love Rule. Mais seuls trois autres titres seront tirés de cet album dont Flower child. Joué avec les musiciens de l’an dernier et basé sur la même trame, le concert évolue pourtant de date en date, Lenny présentant chaque soir une tracklist différente. C’est ainsi qu’il nous a offert par exemple un Stillness Of Heart seul à la guitare acoustique totalement inattendu. Autre curiosité, l’entendre inclure des bouts de Another Brick in the wall ou encore Billie Jean sur la fin instrumentale de Dancin’ Til dawn! Qui d’ailleurs, contrairement à l’an dernier, m’a bien semblé entièrement joué en direct.

Moi à Nice par Lenny KravitzEtonnamment, l’un des plus grands moments s’est produit sur I’ll be waiting : assis à son piano transparent (qui était juste devant moi!), Lenny relance le public qui joue les choristes jusqu’à plus soif. Même Lenny sort de ce titre en trouvant l’ambiance incroyable. Et Craig Ross a encore été impressionnant. Par contre, beaucoup s’attendaient à ce que Lenny descende parmi le public sur Let love rule, comme il l’avait fait l’an dernier. Mais la nouveauté, c’est qu’il vient prendre le public en photo avant de mettre les photos sur Internet! Du coup on me voit très bien sur la photo mais on m’aurait mieux vu si à ce moment-là, la grande brune à ma droite avec son copain ne m’avait pas piqué ma place! Je ne lui dis pas merci :p Enfin, après avoir bien épuisé nos voix, Lenny nous laisse en sueur en nous faisant tous sauter sur Are you gonna go my way. Totalement épuisés de bonheur. Jusqu’à la prochaine fois.

Liens
Lenny Kravitz, le nouveau site officiel qui réalise la convergence avec les nouveaux moyens de communication (Facebook, Twitter, Flickr …) que Lenny utilise
Nikaïa, la salle incontournable deNice
Entre ciel et terre – Lenny Kravitz : tous mes articles sur Lenny depuis son Zénith de l’an dernier jusqu’à la réédition anniversaire de Let Love Rule

Lenny Kravitz à Nice : J-2 !

Samedi 9 mai 2009

Let Love RulePlus que 48 heures à attendre! Dès que j’ai su que Lenny Kravitz se produirait à Nice au Nikaïa lundi 11 mai, j’ai sauté sur l’occasion pour le voir à nouveau. Son concert en juillet dernier au Zénith (lire ici) était une vraie tuerie : une énergie incroyable, des tubes sans arrêt et des musiciens exceptionnels avec notamment une excellente section de cuivre. N’en jetez plus! Ayant assisté à ce grand moment depuis les gradins, j’ai hâte d’être dans la fosse lundi, d’autant que la salle du Nikaïa est nettement plus petite!

Ce que je ne savais pas quand j’ai pris mon billet pour lundi, c’est que cette nouvelle tournée baptisée LLR 20(09) serait un hommage à son premier album Let Love Rule paru il y a 20 ans. Le choix des titres sera-t-il le même qu’au concert de l’an dernier? Je préfère garder la surprise même si je sais déjà  que les musiciens seront les mêmes et qu’il y aura aussi des chansons du dernier album It is time for a Love Revolution. A la réécoute, cet album me semble finalement l’un des meilleurs après la « trinité » : Let Love Rule (1999), Mama Said (1991) et 5 (1998). Après les très moyens Lenny (2001) et Baptism (2004), il tient plutôt bien la route et particulièrement sur scène.

Mais Let love rule reste un album culte contenant les indémodables I build this garden for us et Let love rule dont la puissance ne peut s’essouffler. Le 20 avril dernier est sorti une réédition anniversaire dite « deluxe » comprenant l’album original remasterisé (et c’est vrai que le son est bien plus puissant) ainsi que des inédits dont l’excellent Light skin girl from London qui n’était paru qu’en face B. Par contre, on peut se passer des démos « maison » et autres remixages. Le véritable événement c’est l’ajout du CD d’un concert de 1990 qui est … le tout premier disque live de Kravitz! Seul existait un DVD live de sa tournée de 2002 avec uniquement des extraits de chansons. Sans compter bien sûr, les enregistrements pirates ;) A savourer donc, 10 titres en live du LLR plus deux reprises dont celle de If 6 were 9 de Jimi Hendrix, excellente! A propos de ce concert, le producteur regrette d’avoir dû raccourcir la version de 20 minutes du titre Let love rule. Mais pas de doute, lundi, on l’aura bien en entier!

Liens
Lenny Kravitz : le site officiel propose des mp3 gratuits à la pelle. Après Let love rule 2009, le remix par Justice (à réserver aux fans … de Justice), c’est une version acoustique de I’ll be waiting qui vous est offerte ;)
Lenny Kravitz au Zénith : ma chronique de juillet 2008
Mes albums préférés où vous retrouverez Mama Said  et 5 dans la liste des albums indispensables

Clarika : « Moi en mieux », c’est tout elle!

Samedi 25 avril 2009

Après 5 semaines d’écoute quotidienne et exclusive, il était temps que je vous parle de Moi en mieux, le nouvel album de Clarika! Dans la chanson qui donne son titre à l’album, Clarika explique qu’en mieux, elle serait « belle mais super accessible, intelligente et sensible ». Mais ça, Clarika l’est déjà :) Alors qu’y a-t-il de mieux dans cet album?

Moi en mieux - ClarikaBien mérité! Le premier titre de l’album, qui est aussi le premier single, est un titre comme on en entend rarement. La musique, percutante et très pop, monte lentement jusqu’à la pleine puissance et reste en tête dès la première écoute. Quant au texte, c’est une vraie claque : « Et tant pis pour ta gueule, si tu es né sous les bombes, bah ouais tu l’as bien mérité. T’avais qu’à tomber du bon côté de la mappemonde. » En jouant faussement les cyniques, Clarika signe son texte le plus engagé et évoque sans y toucher les privilèges d’être né en France et les difficultés de ceux qui sont nés autre part. Intelligent et sensible. Renversant. Tout le talent de Clarika est dans cette chanson.

Escape Lane. Après un tel départ, il était presque impossible de continuer dans la même direction. Alors Clarika prend une échappatoire. Son album précédent, l’excellent Joker, avait été conçu avec la volonté d’un son cohérent, de la conception guitare-voix des chansons au mastering de l’album destiné à lui donné un son précis et doux. Pour Moi en mieux, Clarika est restée en studio plusieurs semaines avec ses deux complices : Jean-Jacques Nyssen (celui de toujours) et Florent Marchet (le – presque – nouveau). Du coup, le côté expérimentation s’en ressent et l’album part un peu dans tous les sens. Dès le deuxième titre, le piano de Marchet apporte un son neuf, qui s’enchaîne bien avec le titre Moi en mieux et qui culmine dans le délire sur Je ne serai pas. Tandis qu’au milieu, Rien de tel contraste avec son quatuor à cordes et sa mélodie populaire, que plus loin De fille à femme surprend avec son rythme cubain endiablé et qu’entre temps Escape Lane, paroles et musique de Philippe Bresson, fascine par son piano voix tout en retenue, grave mais terriblement subtil. Sublime.

Rien de tel qu’une petite chanson! C’est finalement la morale de cet album. Après la surprise de la première écoute, on ne s’étonne plus de la diversité des titres. On s’attache même à certains jusqu’à les écouter en boucle. Alors, outre Bien mérité et Escape Lane, on retient le « Bla bla bla » des Bavards (qui pourrait ponctuer nombre de situations de la vie courante), le rythme de Moi en mieux, l’aspect festif de Rien de tel, le malicieux Dans les cabines d’essayage qui réussit à évoquer en même temps les « cousins volages » et les « garçons dans les vestaires » ou encore le péplum sur L’ennui, très réussi. Enfin, Lâche-moi, nous ramène à ce jour de décembre 2007 où Clarika, au bord des larmes, nous a présenté en avant-première sur scène sa nouvelle chanson : « Allez va-t-en, va mon amour : plus tu t’en iras, plus tu seras heureuse un jour ». La difficulté et la nécessité pour les parents d’apprendre à leurs enfants à se détacher d’eux. Terriblement touchant. Et cet immense talent de le faire tenir en quelques mots : « Je te tiens, va. » Allez, je vais encore réécouter toutes les perles qu’il y a dans cette Petite Boîte en attendant la tournée à la rentrée : je l’ai bien mérité!

Liens
Radio Blog Disques pour écouter Bien mérité et Escape Lane
Albums préférés : Moi en mieux, album du moment et tous mes albums préférés
Clarika, le site officiel désormais présenté sous forme de blog où l’on retrouve les fameux défis lancés par les fans
Clarika sur Myspace avec notamment les dates de concert, depuis mai jusqu’à l’année prochaine
Clarika, le site non officiel qui regorge d’infos, d’audio et de vidéos. La preuve : je n’ai pas encore tout vu ni tout écouté!
Clarika, le forum non officiel où je passe au moins une fois par jour :P
Clarika, le groupe de l’icône des fans… sur Facebook
Le Joker de Clarika, bien joué! Ma chronique du précédent album, reprise sur le site de France Inter ;)