Archive pour la catégorie ‘Lectures’

Alerte : un nouveau Spirou!

Samedi 11 septembre 2010

Le tome 51 des aventures de Spirou et Fantasio vient de paraître. Signé Yoann et Vehlmann, Alerte aux Zorkons semble destiné à replonger Spirou dans sa tradition. La précédente expérience de ce duo d’auteurs avec Spirou datait d’il y a quatre ans : avec Les géants pétrifiés, ils inauguraient la série « parallèle » des Spirou (parfois appelés one-shot), considérée comme le laboratoire des futurs auteurs. Dans leur premier album « officiel », on reconnaît le trait de Yoann, notamment dans le traitement des volumes et des ombres. On est heureusement débarrassé d’un petit personnage hystérique façon manga et Spip retrouve la parole. Enfin, le Spirou en Converse de Yoann retrouve une allure plus classique. Il revient même comme on l’a laissé dans le tome 50 : en tenue de groom! Il est en effet censé revenir d’une promo pour le magazine …

L’histoire elle aussi se réfère à « l’âge d’or » de la série puisqu’elle se déroule à Champignac et qu’on y croise le maire et ses habitants (Duplumier, Dupilon …). Faire le lien avec l’épisode précédent était presque impossible même s’il est évoqué au détour d’une case. A la fin de l’album « anniversaire » n°50, Morvan et Munuera avaient tenté un « reset » trop audacieux pour être suivi, un peu comme leurs prédécesseurs, Tome et Janry, avec leur étonnante Machine qui rêve. Du coup, le scénario paraît lui aussi beaucoup plus classique mais le ton est malicieux et le déroulement très animé. Les inventions graphiques (décors, créatures) sont nombreuses mais semblent plus référencées qu’originales. Au final, l’ensemble est une vraie comédie très divertissante et la fin, qui promet une suite, me donne envie d’en goûter plus.

Liens
Spirou.com : le site du magazine
Mon historique personnel de Spirou de 1938 à 2004
Spirou et Fantasio n°47, n°48, n°49 et n°50 : mes chroniques
Le Spirou de … : ma chronique des six tomes de la série parallèle, dont l’excellent Panique en Atlantique

Spirou se cherche et vient de se retrouver en Atlantique

Samedi 24 avril 2010

Tout a commencé en 1998 avec ce fameux album n°46 : Machine qui rêve. Après avoir repris avec succès les Aventures de Spirou et Fantasio pendant quatorze ans et quinze albums souvent formidables, Tome et Janry tentent le tout pour le tout : un dessin plus réaliste, une histoire sombre évoquant le futur Jason Bourne. Le changement est trop radical  : le tandem d’auteur-scénariste quitte la série.

Depuis, Spirou se cherche. En 2004, Morvan et Munuera prennent la relève et proposent une série d’albums au trait plus moderne avec des histoires basées sur l’action et saupoudrées de technologie. Mais les contraintes du format semblent peser sur eux. Le tome 49 donne lieu à un supplément où la jeunesse de Spirou est évoquée en manga. Et le numéro 50, Aux sources du Z, sorte d’album hommage co-signé avec Yann, revisite avec malice quelques grandes aventures des héros mais propose un final qui aurait pu signer l’arrêt définitif de la série. Finalement, Morvan et Munuera ne seront pas les auteurs de la renaissance de Spirou : le n°51 est prévu pour septembre prochain avec Yoann et Velhmann à la barre.

Mais depuis 2006, Morvan et Munuera ne sont pas les seuls à publier des Spirou. L’éditeur Dupuis a eu cette idée étonnante mais finalement passionnante de commencer une série parallèle d’inédits (de « one shot ») publiés en grand format où différents auteurs donnent leur version du mythe à travers « Une aventure de Spirou et Fantasio ». Yoann et Velhmann, justement, ont inauguré la série avec Les géants pétrifiés, sympathique histoire d’archéologie mythique, au dessin notamment influencé par l’animation japonaise. Le tome 2, Les marais du temps, par Frank Le Gall, propulse les héros dans un Paris du XIXème siècle dont l’ambiance colle bien au dessin de l’auteur. Le tome 3, Le tombeau des Champignac est signé Tarrin et Yann : si le dessin évoque immédiatement celui de Janry, tout le reste nous replonge dans l’univers de Franquin. Mais l’histoire ne tient pas toutes ses promesses.

C’est depuis le tome 4 que les versions les plus intéressantes nous sont proposées. Le journal d’un ingénu par Emile Bravo met en scène un tout jeune Spirou, groom au Moustic Hôtel de Bruxelles pendant l’occupation allemande en 1939. Son histoire personnelle rencontre la Grande Histoire : un récit initiatique où Spirou rencontre Spip, Fantasio et … l’amour. Dans Le groom vert-de-gris, Schwartz et Yann en livrent une suite très rythmée où le dessin reprend l’allure des Spirou et Fantasio de l’époque (dessinés par Jijé) et fait quelques clins d’œil au maître bruxellois Hergé.

Le tome 6 vient de paraître. Comme une progression logique des deux précédents, il nous plonge dans les années 50. « Le Spirou de Fabrice Parme et Lewis Trondheim », Panique en Atlantique, est un pur bonheur. Le dessin de Parme reprend toutes les caractéristiques des dessins animés américains des années 50 : j’adore. L’histoire de Trondheim réussit à mêler aventure et humour. Le trio Spirou-Fantasio-Champignac est très bien exploité et entouré de personnages secondaires particulièrement savoureux. Les dialogues sont très spirituels et les situations souvent très drôles. Pour tout dire, l’ensemble m’a fait penser à la grande période de Franquin, c’est dire si j’ai aimé! Dans un pur style de divertissement, c’est le meilleur Spirou depuis longtemps!

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Spirou et Fantasio sur Wikipédia
Petit historique personnel de Spirou de 1938 à 2004
Spirou et Fantasio n°47, n°48 et n°49 : mes chroniques
Blog Lectures sur mon ancien blog

Au sombre Siècle des Lumières avec Patrick Roegiers

Mercredi 27 août 2008

Le cousin de Fragonard - Patrick RoegiersLe cousin de Fragonard par Patrick Roegiers est un roman que j’ai dévoré pendant mes vacances de février. Etant né dans le sud-est, le nom de Fragonard m’évoque immédiatement les parfums. Et Honoré, le héros de ce livre, est en effet né à Grasse d’un père « gantier-parfumeur ». Mais il est aussi le cousin du peintre Jean-Honoré, demeuré célèbre contrairement à son cousin. A travers ce roman, Patrick Roegiers a donc décidé de nous raconter sa vie, profitant de la liberté du roman pour nous décrire le héros au plus près de lui-même. Mais la foultitude de détails qu’il apporte sont certainement véridiques.

L’art d’Honoré Fragonard n’était pas la peinture mais l’anatomie. Les descriptions de ses dissections sont parmi les passages les plus fascinants du livre. Collant au plus prêt à l’esprit du XVIIIe siècle, Roegiers manie une langue chatoyante et crue, précise et étonnante, inventive et baroque. Tout en maniant un humour constant, à la manière d’un pince-sans-rire et poussant certains passages du récit vers une folie surréaliste. Au-delà même de la vie de Fragonard, il nous décrit tout le Paris de cette époque, révélant « la part d’ombre qui sous-tend les Lumières » : des écorchés de Fragonard au goût du morbide des aristocrates, on découvre un monde inconnu, aussi attirant et intriguant qu’il peut être écoeurant. Il faut lire en particulier, avec les pires détails de l’agonie, la mort du roi, « le monarque aux jambes arquées, dites Louis XV » :)

La quatrième de couverture m’apprend que Patrick Rogiers est aussi « l’auteur d’Hémisphère Nord et de La Géométrie des sentiments, deux livres qui, avec Le Cousin de Fragonard, composent une trilogie sur les rapports entre la science et l’art ». J’attends maintenant avec impatience de lire les deux premiers. Mais si vous n’en avez lu aucun, je vous conseille fortement le dernier ;)

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Le cousin de Fragonard sur Fnac.com
Blog Lectures : les archives de mon précédent blog interrompu fin 2007 par U-blog