Mais qui sont ces serpents qui sifflent sur Spirou?

Spirou Tome 53Le tome 53 des aventures de Spirou (et Fantasio) a été publié hier. Il s’agit du troisième album du tandem Yoann (dessin) et Vehlmann (scénario). Dès le premier, Alerte aux Zorkons, ils avaient replacé Spirou dans un cadre plus traditionnel évoquant la période de Franquin. Le ton était vif, le dessin soigné et les dialogues pleins d’humour (lire ma critique complète du tome 51). La face cachée du Z, l’album suivant m’avait moins séduit. L’humour était toujours là, mais parfois répétitif, et l’idée de départ originale. Mais j’ai beaucoup moins aimé la deuxième partie, presque exclusivement constituée de courses-poursuite où Spirou est malgré lui transformé en méchant. Pas dans l’esprit de Spirou.

Dans les griffes de la Vipère qui vient de paraître est, lui, un très bon crû. Comme dans les deux précédents, une astuce est trouvée pour que Spirou revête rapidement son costume rouge de groom. L’album est d’ailleurs rempli de clins d’oeil à l’univers du héros belge (la Turbotraction, Seccotine …), ainsi qu’à celui d’autres héros de BD (jusqu’à Tintin en filigrane). Avec une  bonne dose de second degré, l’histoire commence par évoquer « l’incroyable violence » du précédent épisode. Les trois tomes, d’ailleurs, sont reliés par un fil rouge mais peuvent être lus de manière totalement autonome.

L’histoire est très bien écrite : l’intrigue, originale, rebondit sans cesse et nous fait beaucoup voyager. L’humour est constant mais on peut être aussi ému par certains personnages dont la courageuse petite Ninon. Mais c’est le thème global de l’histoire qui lui donne une dimension particulière. Après l’écologie pour le tome 51 et le financement de la science (d’une certaine façon) pour le suivant, les héros se trouvent à nouveau plongés dans des problématiques très actuelles poussées à l’extrême. Ici, il est question de mondialisation économique, des grands groupes financiers sans âme et de la collusion avec le monde politique. Le trait est certes exagéré et, bien sûr, la morale est sauve à la fin. Mais la chute est plus subtile et symbolise d’une manière étonnante le climat d’insécurité économique. Action, humour et réflexion morale sur la société : le cocktail est de bon goût et je l’ai savouré avec grand plaisir!

Liens
Spirou.com : le site du magazine
Mon historique personnel de Spirou de 1938 à 2004
Spirou et Fantasio n°47n°48n°49n°50 et n°51: mes chroniques
Le Spirou de … : ma chronique des six tomes de la série parallèle, dont l’excellent Panique en Atlantique

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