Il existe parmi les artistes indépendants beaucoup de talents méconnus. Si vous ne le connaissez pas, c’est Dutrey que j’aimerais aujourd’hui vous faire découvrir … et vous faire aimer.
J’ai connu Dutrey en 2003 avec son premier album, Radical Paradis : guitares cristallines, voix haut perchée et mélodies imparables, un véritable petit bijou pop. Des titres comme Nos rêves à fleurs, Je respire, Betty sur la route ou encore Thomas Clarence deviennent des classiques dès la première écoute. Composé essentiellement de ballades, le disque voyage entre des ambiances planantes, des refrains accrocheurs et des titres plus enlevés, gardant une unité de son tout en réussissant à varier les couleurs. Face à la force de la musique, les textes passent d’abord au second plan. Quand on s’y plonge, on est frappé de leur grande sensibilité : avec cette série de portraits de gens mal dans leur peau, aux idées noires, l’album prend une profondeur supplémentaire. Malheureusement, à cause d’histoires de producteurs, l’album n’a jamais pu être distribué. Quel dommage!
Suite au passage de Dutrey sur Radio + il y a quelques semaines (lire ici), j’ai commandé les deux albums suivants. Dernières Nouvelles, sorti en 2004, contient notamment deux petits bijoux : le dernier titre, Les jeunes filles, joué au piano avec ses choeurs totalement planants et la chanson titre, Dernières Nouvelles, au refrain terriblement puissant, dont je ne me lasse pas. Le son est dans la continuité du précédent album mais les arrangements évoluent, avec notamment une plus grande place pour les claviers. Les thèmes sont plus divers mais rejoignent parfois les précédents : la chanson Dernières Nouvelles, qui pourrait être la suite de Mes soeurs les étoiles, nous replonge dans l’Espace. L’hiver pourrait aussi être chanté par le sans abri Thomas Clarence. Une digne suite donc.
L’être transparent, dernier album de Dutrey, vient de sortir. C’est le changement de son qui frappe en premier : plus électrique, plus percutant, notamment grâce à la batterie d’Eric Parmantier (la moitié de Malin Plaisir), avec un traitement de la voix très moderne. En témoigne le premier titre Les villes sous la mer où un homme préfère rester chez lui quand l’eau viendra engloutir les villes. Mais si le beau Lointaine voisine nous prouve que Dutrey continue à regarder vers le ciel, les thèmes s’ouvrent. Dans la fumée raconte comment un homme observe des femmes qui se remaquillent « au volant des Mini Coopers » : des riffs prenants, un futur tube imparable! Et s’il arrive à Dutrey de dire qu’il fait de la variété avec ce disque, c’est bien son amour de la pop anglaise qu’il clame dans La pluie de Liverpool. Ce titre qui avait déjà été proposé sur internet est un exercice de style parfaitement réussi autour de l’Angleterre des Beatles
Bref, ce troisième disque aussi, je vous le conseille!
Liens
Dutrey : son site avec les liens pour commander les disques. Le dernier album est aussi disponible sur iTunes et le premier, Radical Paradis, est disponible en téléchargement gratuit! Je vous laisse deux titres à écouter sur ma Radio Blog: Dans la fumée et La pluie de Liverpool ![]()
Melting Potes au Studio Raspail le samedi 15 novembre : Dutrey et Malin Plaisir donneront un concert en commun, chacun accompagnant l’autre sur son répertoire. A ne pas manquer! En tout cas, j’y serai ![]()
Malin Plaisir continue à tracer son sillon : ma chronique de leur dernier album
Ben Popp, l’avisé créateur de Musiciens.biz, sera le « special guest » en première partie du concert du 15
Ca y est, cette fois ils ont vraiment pris de l’avance sur moi! De qui je parle? De Domino, la chanteuse, et de « l’autre » Eric, Eric Parmentier, alias Malin Plaisir. De quoi je parle? De leurs albums : en 2001, ils sortent leur premier CD 4 titres (je sortais mon premier 5 titres), en 2004 leur album de 10 titres Malin Plaisir (je sortais mon album de 7 titres Ange Heureux) et alors que je n’ai encore que des maquettes inédites, voilà qu’ils ont sorti en juin dernier un nouvel album de 10 titres : Prenons le large. Je ne peux plus lutter
L’album s’ouvre sur l’excellent Attrappe-moi : un riff à la Faith qui m’avait déjà accroché quand j’ai découvert les maquettes et un son à nouveau nickel. On retrouve d’emblée l’un des thèmes de prédilection du duo, les relations hommes/femmeset surtout l’humour, avec un clin d’oeil sur le jeu de séduction proie/prédateur. Mais l’un des thèmes propres au disque, c’est cette envie de « changer d’air » développée avec le premier duo, Prenons le large (une des collaborations avec le prolixe auteur Christophe Marie qui les suit depuis leurs débuts) puis avec le très réussi Passagère inspiré par Corriya (coucou Coco!) avec la présence bienvenue d’un violoncelle.