Archive pour août 2008

J’ai remporté mon premier concours d’écriture!

Samedi 30 août 2008

Cuisiner les mots, cuisiner sa vieJ’avais déjà participé à des concours de chant mais, alors que j’écris des textes depuis 15 ans, je n’avais jamais pensé participer à un concours d’écriture. Cela s’est fait grâce aux Ecrivants Chanteurs : comme l’an dernier, j’ai suivi en juillet à Houlgate leur stage d’écriture animé par Chantal Grimm. Le 23 juillet, elle nous a proposé de travailler sur la consigne de ce concours et j’ai fait rapidement une ébauche de texte en vers libre. Rentré chez moi, j’ai retravaillé le texte pour en faire une chanson avant de l’envoyer pour le 15 août. Et grâce à un coup de téléphone cette semaine, j’ai appris … que j’avais gagné le premier prix! Le jury était, paraît-il, unanime pour vanter les qualités de mon texte. Ils ont même cherché sur Internet pour vérifier que le manuscrit n’existait pas encore!

“Cuisiner les mots, cuisiner sa vie”. Le concours était organisé par la Médiathèque de Dives-sur-Mer et la compagnie Le Grain de Sable d’Houlgate qui accueille d’ailleurs chaque année le spectacle des Ecrivants Chanteurs. Il s’agissait “d’écrire une recette de cuisine ou de composer un menu sur l’art de savoir cuisiner sa vie (…) à mi-chemin entre la cuisine et le traité de savoir-vivre”. Peut-être inspiré par les projets de bébés autour de moi, voici ce que j’ai imaginé.

Pour bien élever

Pour se préparer une descendance
Concevoir un beau fruit de l’amour
Servir avec des choux le premier jour
Ou bien avec des roses selon l’apparence
Prendre le filet mignon encore tout tendre
Et mettre la première couche sans attendre

Incorporez du lait puis des laitages
Et des bouillies et enfin des steaks
Sans le rendre ni trop gras ni trop sec
Pour l’allonger, passer aux soupes et aux potages
Si nécessaire, priver d’dessert pour qu’il s’imprègne
Mais surtout éviter les tartes et les châtaignes

Pour bien élever, sans tout gâcher
Bien s’remuer et bien s’y pencher

Couvez le p’tit-salé sans l’étouffer
Puis quand viendra l’heure de le confier
Prendre un bon maître ou même une religieuse
Pour obtenir une préparation harmonieuse
Interne, externe, suivant l’régime choisi en juin
Le laisser mariner jusqu’à ce qu’il soit à point

Pour bien élever, sans tout gâcher
Bien s’remuer et bien rabâcher

Dès la treizième année, se montrer ferme
En un instant, les jeunes perdreaux
Peuvent alors virer à la tête de veau
Boire comme des tonneaux et fumer les fines herbes
Et si l’on donne tout aux cailles sur un plateau
Eviter qu’elles ne passent à la casserole trop tôt

On peut alors secouer les andouilles
Mais si la moutarde vous monte au nez
Retenez-vous d’les battre et réservez
Laissez retomber l’ébullition face aux nouilles
Puis sans reproche, pour l’argent d’poche, tranchez dans l’gras
Et grillez sec toutes leurs sorties pendant un mois

Pour bien élever, sans tout gâcher
Bien s’remuer et bien s’accrocher

Quand le fruit vous paraitra enfin mûr
Après dix-huit ans au minimum
Laissez-le respirer ou faites comme
Mais conservez un œil sur le feu, c’est plus sûr
Et pour finir, couvrir d’amour énormément
C’est toujours le meilleur des accompagnements

Pour bien élever, sans tout gâcher
Bien s’remuer et bien s’attacher

Eric Maïolino - Août 2008

Merci aux membres du jury d’avoir apprécié mon texte et de l’avoir classé premier parmi les 14 manuscrits déposés. Et merci à Chantal Grimm de m’avoir lancé dans ce concours. Bravo à tous les participants et surtout à Violette Desgrippes de Luc-sur-Mer et Sylvie Noiré-Laborie d’Houlgate, respectivement deuxième et troisième, arrivées très proches de moi dans le classement des notes. Me voici en possession de 100 € de bons d’achats en Chèques Lire. Je vais les dépenser avec un grand plaisir! :)

Liens
La Compagnie PMVV Le Grain de Sable : le site
Ouest France : un article sur les résultats de ce concours “remporté par un Cannois” ;)

Au sombre Siècle des Lumières avec Patrick Roegiers

Mercredi 27 août 2008

Le cousin de Fragonard - Patrick RoegiersLe cousin de Fragonard par Patrick Roegiers est un roman que j’ai dévoré pendant mes vacances de février. Etant né dans le sud-est, le nom de Fragonard m’évoque immédiatement les parfums. Et Honoré, le héros de ce livre, est en effet né à Grasse d’un père “gantier-parfumeur”. Mais il est aussi le cousin du peintre Jean-Honoré, demeuré célèbre contrairement à son cousin. A travers ce roman, Patrick Roegiers a donc décidé de nous raconter sa vie, profitant de la liberté du roman pour nous décrire le héros au plus près de lui-même. Mais la foultitude de détails qu’il apporte sont certainement véridiques.

L’art d’Honoré Fragonard n’était pas la peinture mais l’anatomie. Les descriptions de ses dissections sont parmi les passages les plus fascinants du livre. Collant au plus prêt à l’esprit du XVIIIe siècle, Roegiers manie une langue chatoyante et crue, précise et étonnante, inventive et baroque. Tout en maniant un humour constant, à la manière d’un pince-sans-rire et poussant certains passages du récit vers une folie surréaliste. Au-delà même de la vie de Fragonard, il nous décrit tout le Paris de cette époque, révélant “la part d’ombre qui sous-tend les Lumières” : des écorchés de Fragonard au goût du morbide des aristocrates, on découvre un monde inconnu, aussi attirant et intriguant qu’il peut être écoeurant. Il faut lire en particulier, avec les pires détails de l’agonie, la mort du roi, “le monarque aux jambes arquées, dites Louis XV” :)

La quatrième de couverture m’apprend que Patrick Rogiers est aussi “l’auteur d’Hémisphère Nord et de La Géométrie des sentiments, deux livres qui, avec Le Cousin de Fragonard, composent une trilogie sur les rapports entre la science et l’art”. J’attends maintenant avec impatience de lire les deux premiers. Mais si vous n’en avez lu aucun, je vous conseille fortement le dernier ;)

Liens
Le cousin de Fragonard sur Fnac.com
Blog Lectures : les archives de mon précédent blog interrompu fin 2007 par U-blog

Festival Pantiero : j’y étais … à nouveau

Mercredi 13 août 2008

Festival PantieroLa terrasse du Palais des Festivals de Cannes a accueilli du 08 au 11 août la septième édition du Festival Pantiero. Conçu comme un festival électro, il propose aussi des artistes de hip-hop et des groupes rock. L’an dernier, j’avais déjà obtenu une accréditation Presse pour Sincever.com. J’avais réalisé les interviews de Herman Düne (lire ici), The Rakes (ici) et Wax Tailor (c’est là).

Cette année, la programmation était axée sur les découvertes. N’étant pas un spécialiste de l’électro, seul le nom de Sébastien Tellier (mais si vous savez, l’eurovision) me disait vraiment quelque chose. J’ai donc demandé un Pass pour deux soirs sur les quatre. Tous les détails sont dans les chroniques que j’ai écrites pour le remplaçant de Sincever, Zik’n'Blog : celle du 10 août, la meilleure des deux (ici) et celle du 11 août (). J’ai aussi réalisé l’interview du groupe de rock Poney Poney, à ne pas confondre avec les autres poneys en liberté : c’est à lire ici.

Bref, comme dirait Clarika, ça fait une petite balade sympa. Il y a donc des chances pour que je rempile l’an prochain ;)

Liens
Festival Pantiero, le site
Pantiero 2008, le myspace